Une politique europ?enne : la France, la Russie, l'Allemagne et la guerre au Transvaal

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The Project Gutenberg EBook of Une politique europenne : la France, la Russie, l'Allemagne et la guerre au Transvaal, bytienne Grosclaude This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net
Title: Une politique europenne : la France, la Russie, l'Allemagne et la guerre au Transvaal Author:tienne Grosclaude Release Date: October 25, 2004 [EBook #13855] Language: French Character set encoding: ISO-8859-1 *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK UNE POLITIQUE EUROPENNE : ***
Produced by Michael Ciesielski, Renald Levesque and the Online Distributed Proofreading Team.
TIENNE GROSCLAUDE UNE POLITIQUE EUROPENNE La France, la Russie, l'Allemagne Et LA GUERRE AU TRANSVAAL
 L'Afrique du Sud sera le  tombeau de l'Angleterre.  BISMARCK. Prodigieuse contre, cette Afrique du Sud! on y convertit nosvques, on y bat nos gnraux et on y rsout nos questions europennes!Cette tragique boutade, inspireun homme d'tat anglais par la mort inutilement glorieuse du Prince imprial au Zoulouland, pourrait bien rencontrer une application nouvelle dans lesvnements qui se droulent en ce moment autour du Transvaal. Peut-tre ne se trouve-t-il plus de missionnairesvanglistes accessiblesla belle simplicitdes religions primitives comme le fut l'vil y a encore des gque Colenso, mais nraux anglaisbattre dans l'Afrique du Sud, et de graves problmes europens se dressent attendant une solution qu'il ne serait pas surprenant de voir arriver de si loin. La patience de l'Europe finira quelque jour par se trouverbout; ce
jour approche; enfin lasse de supporter les provocations outrageantes de l'Angleterre et ses dommageables empitements, cette Europe va-t-elle sauter sur l'occasion inespre de liquider en bloc un compte dbiteur journellement grossi par les acquisitions de l'Imprialisme qui s'tale la surface du globe sans trouver devant lui la moindre opposition de fait. Des mots, des mots, pas un geste, or si quelque chose pouvait arrter cette marche foudroyante, ce n'tait ni les jrmiades d'une diplomatie dont le style, ds longtemps exerc la fuite, excelletrouver les dtours par lesquels onchappe aux responsabilits de l'action,--ni les tlgrammessensation d'un bouillant Kaiser, momentanment oublieux desgards qui sont dusune vieille grand'mre... quelle que soit sa condition sociale. Le rveil de l'Europe,l'heure onous voici, n'aurait assurment rien de prmatur, mais la condition physiologique la plus ncessaire pour se rveiller, c'est de ne pastre mort. Il faudrait donc au pralable s'assurer si dame Europe est dfunte, ou si elle est seulement assoupie. L'Europe existe-t-elle encore autrement que sur la carte? sur la carte ol'on voit juxtaposes des nations, dont les deux plus considrables sont spares par un abme de ressentiments que rien ne saurait combler,--rien, hlas! de ce qu'il est permis d'attendre d'un consentement pacifique. Au centre: un groupement compact de nationalits dont la cohsion peuttre subitement anantie par la disparition d'une dynastie; sur les cts: deux grands peuples qu'unissenttravers l'espace des liens dont la soliditn'a pas encoretsoumise au contrle d'unepreuve dcisive.
Aveugle par le tourbillon des craintes et des esprances particularistes, l'agglomration europenne n'a point une vision suffisamment dgage pour discerner au dehors le pril qui la menace dans son ensemble et pour reconnatre l'intrt qu'il conviendrait de soutenir en commun. Il est toutefois incontestable que, depuis un certain temps, les deux groupes antagonistes, obissant l'un et l'autre au seul instinct de la conservation, portent paralllement leurs efforts vers un unique objectif, qui est la paix de l'Europe; ce n'est un secret pour personne que, ds son origine, la Triplice eut un caractre exclusivement dfensif, prvoyante entreprise de cimentation du bloc improvisdans l'Europe centrale et longtemps expos un retour offensif de ceuxqui l'on en avait arrachla dernire pierre. Or, en dpit de toute vraisemblance et peut-tre aussi de toute logique, les angoisses, qui, durant une vingtaine d'annes, troublrent le sommeil des conqurants, se sont apaisesmesure que se trouvaient d��us les ardents espoirs de la nation mutile qui, depuis le dsastre, n'a pas eu un gouvernement capable de lui commander le devoir et de lui imposer la confiance. On a laissle temps faire son oeuvre et une sorte de prescription s'tablir, bien qu'il n'en soit aucune d'admissible pour certains forfaits de l'histoire. Henri Heine reprochaitses compatriotes de n'avoir pas encore,l'heure oilcrivait, pris leur parti du meurtre de Conradin de Hohenstaufen par Charles d'Anjou; cette critiquetait le plus belloge qu'on pt faire d'une race qui ne s'expliquera jamais comment certains peuples se dpouillent en quelques annes des souvenirs que les autres conserventtravers les sicles. Les causes de cette dsaffection publique sont-elles dans la lgretde l'esprit franais? dans un abaissement des caractres dprims par la plus stupfiante humiliation nationale? dans une dmoralisation conscutivel'accroissement etla vulgarisation du bien-tre matriel, qui rtrcit les ides au calibre des petits intrts immdiats? dans le cosmopolitisme financier, qui subordonne les principes aux effets et les sentiments aux profits palpables? Peut-tre faudrait il les rechercher surtout dans deux ordres de phnomnes
dont l'un est nfaste et gros de menaces, tandis que l'autre, en compensation, nous ouvre un avenir plein de promesses et soutient les plus radieuses en mme temps que les plus solides esprances de la patrie franaise:notre passif, le dcouragement oce pays est enfoncchaque jour davantage par le pessimisme d'une presse acharnene fouiller que le mal,n'taler que les plaies,ne publier que les hideurs d'une nation dont la santn'a jamaistplus exubrante, dont la fconditau bien et la facultdu beau ne font doute que pour elle-mme, et dont la principale cause de faiblesse est dans ce rgime nervant qui la rduirait bien viteune hypocondrie plus dsastreuse que ne le seraient de vritables infirmits. Pour ce qui est de notre actif, avec quelle encourageante satisfaction on y inscrit le prodigieux mouvement d'une expansion coloniale, qui, depuis vingt ans, a suscittant d'admirablesnergies, secoula torpeur desnergies industrielles et commerciales, raniml'esprit d'entreprise somnolent depuis un sicle, fait rapparatre l'initiative individuelle dont l'effacement nous menaait d'une dcadence irrmdiable, et ouvertl'activit, par consquentla prospritnationale, un vaste empire dont le spectacle doit suffirenous rendre le sentiment indispensable de notre force et de notre valeur! Voilce que nous a donnnotre politique coloniale; il est vrai que nous n'avons pastseulsen bnet qu'elle a valu la paixficier l'Europe. On lui en a fait un crime. Le grieftait-il fond? Il l'tait sans aucun doute, si l'on a lieu de croire que, sans l'oeuvre absorbante qui nous a successivement occups en Tunisie, au Tonkin, au Soudan etMadagascar, nous nous fussions trouvs dans les conditions morales et matrielles indispensables pour assurer la rparation des catastrophes de 1870 et la reprise de l'Alsace-Lorraine. Si, au contraire, en imaginant que ne se ft pas dveloppe cette grandiosepope coloniale, qui, sans dtourner une proportion excessive de nos forces continentales, nous a valu une immense extension territoriale et un indniable relvement de notre situation morale, de notre crdit europen, de notrestanding, comme disent les Anglais; si l'on est amenpar l'examen de cette hypothsela conclusion qu'en l'absence de toute cette activitau dehors, nous n'aurions pas davantage tirparti en Europe de notre libertd'action,--faute de pouvoir compter sur l'tat d'esprit indispensable pour menerbien la plus formidable entreprise militaire des temps modernes,--et que tout se serait born en parler davantage ety penser plus longtemps, mais sans rien faire de plus; alors il faut proclamer que notre politique coloniale atun grand bienfait pour la France en mme temps que pour le reste de l'univers,--l'exception de l'empire britannique,--et que Jules Ferry fut un des hommes d'tat les plus aviss de notrepoque.
En dpit des efforts constants de l'Angleterre souveraine de toutes les eaux, et qui navigue avec une suprioritparticulire dans l'eau trouble,--la situation de l'Europe s'est visiblement clarifie depuis quelques annes; non seulement il apparat qu'une unitd'action momentane y serait possible dans des cas dtermins, mais il semble mme qu'elle serait facilite par le groupement actuel des forces opposes en deux faisceaux, que rien n'empcherait de dirigerun moment donndans le mme sens, quitteles laisser reprendre, l'instant d'aprs, leur orientation habituelle. Cette synergie occasionnelle, il ne faut pas l'oublier, s'est djmanifeste dans les affaires de Chine, ola France et la Russie, d'accord sur ce point, et sur ce point seulement, avec l'Allemagne, ontsyndiquleurs intrts en face de l'Angleterre.
C'estdessein que j'emprunte au langage des gens d'affaires ce terme significatif, puisque aussi bien toutes les grandes nations out reconnu l'avantage d'emprunterl'imprialisme britannique sa politique de business, au moment ose dbattent en Asie et en Afrique les intrts matriels les plus considrables et osir Charles Beresford, au retour de son importante mission en Extrme-Orient, s'intitule avec une apparente modestiele commis-voyageurde la Grande-Bretagne. Les nations europennes semblenttre parvenuesce point de dveloppement ol'individu, sentant se ralentir sa facilits de produire, metprofit sa vieille exprience pour tirer parti du travail d'autrui; c'est pour cela que, sur toute la surface du globe, se dbat prsentement la comptition la pluspre qui ait jamais mis des gens d'affaires aux prises: le partage des contres de production entre les vieux pays, dont l'activitdoit se borner dsormaisune exploitation lucrative. Le procdsyndicataire est plus indiquque tout autre pour une opration de cette nature; il prsente notamment l'avantage d'unir les intrts sans lier les parties, qui conservent toute leur libertd'action en dehors de l'objet spcial pour lequel est constitule syndicat. Il n'a pas les exigencestroites de l'association, ni ses promiscuits; on a des intrts communs, mais cela n'engagerien pour les relations personnelles, et les porteurs de parts ne sont aucunement tenus de se saluer quand ils se rencontrent. C'est un avantageconsidrer lorsqu'il s'agit d'un rglement de comptes comme celui que l'Europe peut avoireffectuer d'un moment l'autre, et qui serait singulirement facilitpar une association temporaire, dans laquelle seraient totaliss les crdits individuels des divers participants sans qu'il en rsultt pour eux l'obligation de se faire des politesses. Laissant de ctpour quelques heures les ressentiments ineffaables et rservant tous leurs droits sur le grave litigeleventre elles il y a trente ans, la France et l'Allemagne peuvent-elles dcemment entrer dans un syndicat de ce genre, en vue de sauvegarder des intrts communs qu'il leur est impossible de soutenir isolment et dont la ralisation se trouverait compromise par de plus amples dlais? Telle est la question. Pour la rsoudre, le premier pointexaminer, c'est si leurs intrts dans cette affaire sont d'un poids suffisant pour contrebalancer le dommage sentimental que nous infligerait un tel rapprochement? Est-il avrque l'expansion britannique constitue pour le genre humain un pril, dont nous auronssupporter le premier choc, et si pressant qu'il nous faille imposer silence momentanmentnotre profonde rancune pour marcherctde l'ennemi d'hier, et peut-tre de demain, contre l'ennemi de toujours? Les intrts de cet associde circonstance sont-ils, d'autre part, assez puissants pour le dterminerune communautde raison,--non du sentiment,--sans aucune garantie de notre part contre les revendications qui nous tiennent au coeur? Ce syndicat, dont la gestion serait, je suppose, confie tout d'abordla Russie, en vue de rduire les froissements au minimum, disposerait-il de moyens assez puissants pour trancher au profit commun le grand partage mondial, on mettant l'adversaire dans l'impossibilitde se tailler la part du lion britannique, et assez continus pour assurerchacun la jouissance pacifique des possessionsquitablement rparties? Quels seront ses moyens d'action? Sur quels points devront-ils agir? et dans quelle forme? Sera-ce, comme il est dsirable, dans un dbat
correct autour d'un tapis vert, sans qu'on en soit rduitdescendre sur le pr, et fera-t-on enfin cesser le bruit assourdissant des coups de canon de l'Afrique du Sud pour permettre aux intresss europens d'changer des observations dans ces formes courtoises que sont toujours enclinsobserver entre eux des hommes arms jusqu'aux dents? Voilde formidables problmes qu'il serait urgent de rsoudre et qu'il est intressant d'examiner en parvenantce carrefour historique, devant lequel sont en passe d'hsiter indfiniment nos diplomates de bureau, comparablesHercule seulement par une indcision qui, en se prolongeant davantage, les assimilerait plus justement au quadrupde philosophique de Buridan.
I Une caricature, dont la lgende est passe en proverbe, constate que, du temps de Gavarni, les Anglais se considraient djcomme chez eux partout ol'eautait sale; ils ont depuis cettepoque pris gotl'eau douce et, aprs avoir plantleur pavillon le long de toutes les ctes hospitalires et sur toutes lesles en bonne place, ils se sont misremonter les fleuves, accaparant les grandes valles l'une aprs l'autre, portant leur effort principal en Chine, sur le Yang-Ts-Kiang, le Mnam et le Mkong, et en Afrique, sur le Nil et le Niger, tout en empitant le plus possible sur le Zambse et en recherchant toutes les occasions de s'immiscer dans le Congo. On va jusqu'prtendre que leur influence remonte tel fleuve d'Europe jusqu'au niveau du quai d'Orsay; qu'elle atteint mme, depuis quelques mois, sur la rive oppose jusqu'au Pavillon de Flore. Pour parler statistiquement, l'empire britannique couvre aujourd'hui plus d'un sixime de la terre habite. L'expansion phagdnique de son imprialisme dvorera tout le reste, s'il ne lui est opposune mdication radicale et prompte. Enfante par Cromwell et conue dans l'Acte de navigation,--alimente par les fautes de Louis XIV, provoquant les nationsdes guerres inutiles, ola France et la Hollande s'puisrent l'une contre l'autre au seul profit de leur rivale,--grandie en s'incorporant la substance de nos grandes entreprises coloniales qu'abandonnaient aux Indes et au Canada les politiciens de l'intrieur, la puissance maritime de l'Angleterre a pris toute sa force au moment mme oNapolon lui fut livrpar l'Europe, qui perdait ce jour-lson dernier dfenseur. Elle s'tale depuis lors dans un embonpoint, qui revt, sous la pousse de l'Imprialisme, un inquitant aspect de turgescence. Voici djqu'apparaissentfleur de peau les symptmes d'une couperose que l'esthtique rprouve et que l'hygine ne saurait tolrer: pnibles dmangeaisons du ctdes Indes, ol'anmie voisinela plthore, fendillement du Canada, tumfaction de l'Australie par l'effet de cette chaleur du sang qui faitclater les vaisseaux de l'Afrique du Sud. Cette efflorescence est due aux capiteuses doctrines, dont les premires gouttes furent distilles par lord Beaconsfield et que M. Chamberlain rpandflots depuis quelques annes; c'estlui qu'il faut s'en prendre si la nation anglaise,l'exception de quelques ttes solides, est enivre par le suc fermentde l'herbe guerrire qui lui a fait perdre la notion des ralits on mme temps que le sentiment des devoirs. Quand et comment cela va-t-il finir? Il n'y a rien de tel pour dgriser les gens ivres que de voir couler leur sang. C'est le douloureux spectacle offert en ce momentla nation anglaise. Elle s'en trouvera bien; l'avertissement et la saigne seront profitablessa nature apoplectique, congestionne chaque jour davantage par la satisfaction abusive d'unbesoin de prendreque ne limite plus aucune considration de respect humain.
Il faut souhaiter pour l'Angleterre et pour le genre humain que cette intoxication ne se prolonge pas et que la cervelle britannique soit bientt dbarrasse des manifestations dlirantes de cejingosmequi metl'unisson avec leslucubrations des chansonnettistes de caf-concert les inspirations d'un admirablecrivain comme Rudyard Kipling et les vers du pote laurat qu'est M. Alfred Austin: la Chevauche de Jameson, la rengaine patriotique d'Hamilton, dont le refrainBas les pattes, Allemagne!fit fureur au lendemain du tlgramme de Guillaume II, l'hymne en voguel'Alhambra, et la _ _ dernire pens Jungle Book , tout cela se ressemble ete de l'auteur du s'assemble, et se confond dans une dconcertante fraternitdes genres littraires: Shakespeare lui-mme se trouve emmende grou de force dans la cohue imprialiste,la repr Kingsentation de John , o, sous _ _ les yeux de M. Chamberlain, un public en folie salue d'applaudissements frntiques ou de furieux grognements les passages dans lesquels il trouve placedes allusions aux choses du prsent.Ainsi, quand on a entendu ces vers: _  Stand back, lord Salisbury, stand back, I say!  By heaven! I think my sword as sharp as yours? _  (Arrire, Salisbury, arrire, te dis-je!  Par Dieu, monpe n'est-elle pas aussi tranchante que la tienne?) on a fortement grogn, nous dit le correspondant d'un grand journal parisien. Cette citation est utile, en ce qu'elle fait comprendre l'attitude du Salisbury contemporain aux observateurs superficiels que trouble la dsinvolture avec laquelle un homme d'tat de ce sang-froid et de cette tenue s'est laissgagnerla main par le fougueux attelage qu'on le croyait de forcemaintenir. On s'explique parfaitement qu'emportdans ce galop infernal, sur la pente d'une inclination de l'opinion publique aussi accentue, un homme de l'ge du marquis de Salisbury ne se soit pas senti assez vigoureux pour bouter en douceur le char de l'tat contre la borne d'un vto souverain, ni assez ingambe pour sauterterre, et qu'il ait rendu la main. Au bout du fossl'on verra si ce fut de la prudence. Il estgalement, vraisemblable que M. Chamberlain lui-mme atentranpar ce mouvement populaire fort au deldu but qu'il cherchait atteindre, et avec une vitesse dont il n'est pas sansprouver les inconvnients. C'est un destin auquel se trouvent constamment exposs les agitateurs publics. Il y a des hommes que la popularitdevance, presque sans qu'ils l'aient cherche, que l'opinion prend par la main, pour ainsi dire, auxquels elle commande des crimes en vue d'un programme qu'elle leur impose... Le criminel en pareil cas, c'est la foule, vraie lady Macbeth, qui, ds qu'elle a choisi son favori, l'enivre de ce mot magique: Tu seras roi! Dans quelle mesure ces lignes de Renan s'appliquent-ellesM. Chamberlain et quelle est la part du dessein conscient dans le gnie malfaisant de ce politicien qu'une ambition implacable alevprogressivement de la manufacture des souliersla fabrication des crous, et du collgelectoral de Birmingham jusqu'la plus haute situation politique du Royaume-Uni,--qui est peut-trela veille de trouver en lui son Crispi? C'est une question qu'il serait intressant de poser, par exemple,M. _ _ Stead, l'ancien Directeur du Pall Mail Gazette , l'diteur actuel de la Review of Reviews , qui a sondles arcanes psychologiques du hros _ _ de l'imprialisme et en a rapportdans sa retentissante brochure:
_ _ Avons-nous une raison? de singulires rvlations sur la mobilitd'un esprit politique qualifiant jadis de<scandaleuse immoralitune campagne que son entre au Colonial Office aurola subitement de toute la saintetd'une moderne croisade,--sur la complicitfinancire de ce politique dans la flibusterie Rhodes-Jameson et sur la collusion avec les coupables du juge-enquteur apposant sa signature au bas d'un rapport mensonger; on pourrait aussi, comme l'a fait M. Pierre Mille du Temps , s'enqurir l-dessus auprs de l'diteur du Manchester _ _ _ Guardian ou auprs de M. Wilson, qui a nettement dvoilles _ spculations fantastiques dont s'chauffe le patriotisme des promoteurs _ _ de l'expdition sud-africaine, fanatiques dfenseurs des Uitlanders , ces intressants millionnaires, dont lalande nataleest le parquet de la Bourse, comme le dit, dans le Truth , M. Labouchre, qui parat _ _ tre, lui aussi, fort bien renseignsur l'homme du jour, sur sa participation personnelle aux petites et aux grandes affaires _ _ du Transvaal et de la Chartered, aussi bien qu'aux oprations fructueusement liquides, grcelui, par la Compagnie Royale du Niger. Voici l'horoscope que M. Labouchre tirait, il y a quelques mois, sur ce grand entrepreneur de spculationmain arme:  Si lord Salisbury ne surveille pas avec soin son secrtaire d'tat,  nous nous trouverons engags dans une guerre, au Sud-Africain, et  non avec le seul Transvaal,--guerre dans laquelle les sympathies  de la majoritdes habitants du Cap seront tournes vers nos  adversaires,--guerre qui n'aura d'autre but que de satisfaire la  rancune de M. Chamberlain contre le prsident Krger.  M. Chamberlain n'est pas un homme d'tat. Hors du pouvoir, ses  projets apparaissent et disparaissent comme les averses d'avril.  Une, fois au pouvoir, son grand but est de mettre ses collgues dans  l'embarras. Si on l'avait laissfaire, nous aurions eu la guerre  avec la Russie, la France, lestats-Unis et l'Allemagne... Dans ma  conviction, M. Chamberlain est le plus dangereux ministre imprial  qui ait jamais dirigle dpartement des Colonies. Si lord Salisbury  n'avait pasnergiquement retenu M. Chamberlain, nos colonies en  arriveraient bienttabhorrer le lien qui les attachenous, et  l'aviditpour les annexions africaines nous aurait djjets dans  un conflit avec une ou plusieurs puissances europennes.Cette page prophtique marque une des escarmouches de la guerre de broussailles qui se poursuit au jour le jour entre le lyrisme brutal de _ _ Kipling, d'Austin et des pourvoyeurs de music halls , enrls avec eux sous la bannire de l'Imprialisme, et l'humour acrdu vieil esprit _ _ critique anglais, dont le directeur du Truth est le protagoniste le plus brillant et le plus redout. Sa causticitronge le foie des puritains d'tat qui out engagl'honneur de l'Angleterre dans une guerre effroyable, dont le principe est ce qu'il appelle en argot de bourse unslump in Kafftirs--un coup sur les Cafres,--et dont le but humanitaire est de secourir contre les sataniques fermiers boers ces petits agneaux de financiers des mines d'or,les ilotes du Randcomme les appelle sir Alfred Milner. Il est vrai que cette qualification avaittutilise, trois ans auparavant par M. Lonard, l'audacieux mais fugitif entrepreneur de la rvolution de Johannesburg, ce soulvement imprvu des misres capitalistes, qui a inspir M. Cecil Rhodes devant la commission d'enqute parlementaire ce mot d'une profondeur vertigineuse:J'ai fourni des fonds pour la rvolution de Johannesburg, mais pas tous; ce n'est pas mon affaire de dire qui a fourni le reste. C'tait, je le reconnais, une rvolution subventionne, comme toutes les rvolutions!Cet aveu du dictateur de l'Imprialisme sud-africain en dit plus que tous les sarcasmes de ses adversaires sur une politique dont on
trouverait la cldans une citation de l'conomiste Nbnius:La guerre est le temps de moisson des capitalistes. crit-il dans ses Considrations sur la situationconomique, de la Grande-Bretagne. _ _ Voilsans doute pourquoi la sanglante expdition engage contre le Transvaal soulve l'enthousiasme de la bourgeoisie anglaise, compose de _ _ businessmen , dont M. Chamberlain est le type le plus accompli; voilpourquoi, d'autre part, elle a fait retentir jusque dans l'enceinte du Parlement la protestation discrte et rsigne de lord Kimberley et de sir Campbell Bannerman, la rprobation formelle de sir William Harcourt et l'indignation de John Morley, que toute l'Angleterre appelait honest _ John quand elle n'avait pas encore perdu la notion de l'honntet. _ M. Chamberlain est l'ennemi personnel du genre humain, mais sa combativits'est revtue d'une armure de prudence en Extrme-Orient, oil a trouv qui parler: inquitants partenaires auprs desquels il fallaittre le convive��la longue cuiller, adversaires plus redoutables encore, en face desquels on devrait sortir des armes d'une taille proportionnela cuiller en question. L, tout s'est bornde sa partquelquescarts de langage,des provocations purement verbales pour amuser la galerie. C'est ainsi qu'il fut amen tourner ses batteries sur l'Afrique, one se trouvait devant lui qu'un comptiteur en pleine croissance territoriale mais moralement amoindri par une dmoralisation politique qui laissaitla merci du quidam assez audacieux pour en imposerun esprit affaibli, tout le bnfice du travail vaillamment et persvramment accompli par des membres alertes et vigoureux. Et l'oeuvre ralise en vingt ans d'une initiative coloniale aussi heureuse que vaillante, et favorise contre toute attente par un esprit de suite qui faisait dfaut partout alentour, s'est trouve compromise par l'effet de la volontd'un gouvernement incapable d'tendre son applicationd'autres objets que ceux de la lutte des partis. Depuis l'poque lointaine,--en ce temps-lM. Chamberlain ne s'levait pas encore au-dessus de la chaussure,--depuis que le dsastreux accident d'une fausse manoeuvre parlementaire entre Gambetta et M. de Freycinet nous a fait perdre l'gypte mditerranenne, les symptmes progressifs de notre affaissement intrieur se sont normalement dvelopps jusqu'au jour oil atreconnu que noustions mrs pour l'affolement: alors, il a suffi de la menace de Fachoda,--merveilleusement mise en scne, il est vrai,--pour nous faire abandonner prcipitamment le Soudan Nilotique aux mains d'un larron, dont la terrifiante escopette n'tait pas charge d'une autre poudre que celle que l'on jette aux yeux, et dont la seule chance srieuse de nous rduire rsidait dans son ascendant moral. Ce fut alors que le marquis de Salisbury fit signerla France, sous le nom de Dclaration additionnellela Convention franco-anglaise du 14 juin 1898, le billet de Fualds, tandis que M. Chamberlain tournait frntiquement l'orgue de Barbarie de ses Rudyard Kipling. La grandiose conception du chemin de fer du Cap au Caire trouvait ds lors, de ce ct, une fondation puissante; il restaitentablir l'autre pilier en agglomrant les moellons de l'Afrique du Sud par la rduction du Transvaal, corpstranger, dont la substance rfractaire empchait le ciment de prendre. Il faudrait ensuite assurer le soutnement de la vote mdiane par un accord,--il serait peut-tre plus exact de dire par un raccord,--soit avec la colonie allemande de l'Est-Africain, soit avec l'tat indpendant du Congo, qui s'tendent, boutbout, de l'unl'autre ocan, en travers de la route virtuelle du Nord au Sud. La souverainetde l'Afrique tiendrait tout entire dans cette entreprise, qui prtend donner au continent noir une colonne vertbrale
_ _ gigantesque, un back-bone, dont le noeud vital serait le Caire et dont les circonvolutions crbrales auraient leur centreLondres. Une fois pourvue de cet instrument de domination qui mettrait le Zambse et le Congo sous sa main djpose sur tout le Nil et sur le Bas-Niger, l'Angleterre n'aurait plus qu's'installerDelagoa-Bay, qui commande l'ocan Indien, et c'en serait faitl'instant de l'oeuvre coloniale patiemmentlabore, au prix de quels sacrifices et de quels dvouements par la France et, aussi, par l'Allemagne. La conqute du Transvaal reprsente pour l'Angleterre troislments d'un intrt capital: c'est la cration d'un empire sud-africain aussi puissant que celui des Indes et moins exposaux convoitises de voisinage; c'est l'accaparement des richesses minires qui constituent un trsor dans lequel il n'y aura qu'puiser pour alimenter les dpenses incalculables d'une installation de cette envergure; c'est enfin la prise de possession de la baie de Delagoa, qui sera dans le jeu de l'Angleterre un atout aussi prcieux que Gibraltar: la rade de Loureno-Marqustant appelefournir, au prix de certains travaux, l'un des plus beaux ports du monde, etdevenir le grand dversoir des charbons de l'Afrique du Sud. Tout cela va tomber invitablement aux mains de l'Angleterre, qui, comme l'avare Achron, ne lche point sa proie, et c'en est fait de l'Afrique pour les autres nations de l'Europe,moins qu'une voix ne se fasse entendre pour appeler le monde pacifique au soutien d'unquilibre sud-africain qui pourraittre, avec une stabilitinfiniment moins prcaire, l'utile contrepoids de cetquilibre europen dont la recherche a troublplus de cervelles que la poursuite du mouvement perptuel. L'historique de la question sud-africaine attracmaintes fois depuis que le conflit anglo-transvaalien, passant graduellement de la forme chroniquel'tat aigu, tient l'Europe enmoi. Il se lie d'ailleurstroitementla dsolante histoire de la comptition anglo-franaise engypte, qui marque la premiretape de l'Imprialisme africain[1]. Depuis le temps olord Palmerston combattait l'oeuvre civilisatrice de Ferdinand de Lesseps par les procds inqualifiables que M. Charles Roux dnonait rcemment dans unetude magistrale[2] sur le canal de Suez--(l'un de ces moyens d'obstruction consistaitsoulever les Fellahs)--jusqu'M. Chamberlain, armant les noirs contre les colons hollandais, c'est la mme lutte que soutient l'Angleterre contre quiconque porte ombragecette prpotence de droit divin,ce Paramount Powerqu'elle revendique et dont les exigences dans l'Afrique du Sud revtent l'exclusivisme d'une sorte de doctrine de Monroe. [Note 1: Il ne nous appartient pas de nous arrter sur ce point et nous ne croyons pouvoir mieux faire que de signaler l'ouvrage de M. De _ Caix, pleinement document, nettement dduit, fermement conclu: Fachoda (la France et l'Angleterre). --Librairie Africaine et Coloniale J. _ Andr.] _ _ [Note 2: Revue de Paris , ndes 1er, 15 octobre et 1er novembre.] Aprs une vaine tentative pour enlever aux Hollandais leur florissante colonie du cap de Bonne-Esprance, en 1786,--attentat vivement chtipar le bailli de Suffren au combat du Cap-Vert,--l'Angleterre profita de la Rvolution franaise pour s'y insinuer adroitement, mais c'tait cette fois-ldans l'honorable dessein de la conserverla Hollande, car la politique anglaise est un peu comme le sabre de M. Prudhomme pour dfendre ses amis, et au besoin pour les combattre. Elle la
conserva si bien qu'elle l'a garde jusqu'ce jour. Tous ses efforts s'appliqurent ds lorsrendre le sjour intolrable aux Boers, peuple de paysans, comme le nom l'indique, formdes colons des Provinces-Unies (la Compagnie hollandaise s'tait installe auprs de Mount-Table en 1848) avec un fort apport de calvinistes franais, jets hors de leur pays par la rvocation de l'dit de Nantes. Le gnral Joubert est un descendant de ceux-ci, et une infinitd'autres noms franais subsistent au Transvaal. Reconnaissant la vie impossible pour eux sous la domination anglaise, les Boers, s'loignant du rivage, franchirent le seuil montagneux et longtemps ils errrent avec leurs troupeauxtravers la lande sud-africaine, dans la vaillante rudesse et la pastorale frugalitdes Hbreux en Chanaan. Ce fut le grand trekk _ _ de 1833, ofigurait Krger adolescent. Dans leur lutte incessante contre les animaux, dont les plus redoutables et les plus abondants taient les Cafres et les Zoulous (le Hottentot est paisible), la race fut vite aguerrie, puis les Anglais se chargrent de l'amener progressivementune vritable perfection dans l'art de la guerre contre les armes europennes. En 1848, on la pourchasse, on la dfait la bataille de Boomplatz et on prtend imposer la souverainetbritannique sur la rgion de l'Orange-River; pourchapperune domination odieuse, les Boers les plus vaillants s'en vont au deldu Natal, sous la conduite de Pretorius, retrouver les hardis pionniers qui disputaientla frocitdes Matbls cette marche sud-africaine, ole sol du Witwatersrand, exploitaujourd'hui jusqu'plus de trois mille pieds par la plus rmunratrice industrie qui soit au monde,tait alors foulpar des lions et par des rhinocros. Combattant d'un ctles noirs et de l'autre les Anglais, les Boers eurent bientt dmontr ceux-ci que le nouveau peuple d'Isral ne se laisserait pas rduire en servitude, et le gouvernement britannique prit le parti de reconnatre, au traitde Sand-River (1852), la Rpublique sud-africaine du Transvaal. On n'attribuait alorsces terres sauvages pas plus de valeur que lord Salisbury n'en accordaitces sables dans lesquels, selon son impertinente apprciation, le coq gaulois se platpicorer. Un beau jour, il se trouva des diamantsKimberley, chez les Boers de l'Orange: presque aussitt la rgion de Kimberleytait annexela Couronne (1871). On dcouvrit peu aprd'or du Rand; le Transvaal prits les mines aussitt le plus vif intrt aux yeux de l'Angleterre qui se l'annexa sans autre forme de procs (1877), et, il faut le dire aussi, sans rsistance effective des Boers,puiss de forces et de ressources par leurs luttes meurtrires contre les peuplades noires sur lesquelles ils avaient conquis ce pays. Le commissaire anglais Shepstone n'eut qu'se montrer pour prendre possession, par ordre du gouverneur gnral du Cap, sir Bartle Frre, dont la dclaration fut confirme l'an suivant par son successeur lord Wolseley, au mpris du traitde 1852. L'Angleterre triomphait. Elle a dchantdepuis ce temps. Aprs de vains et persistants efforts pour obtenir justiceLondres, les Boers, exasprs par l'intolrance maladroite des fonctionnaires locaux, comprirent qu'il n'y avaitcompter que sur la force; dans une runion solennelle des burghersPardekraal, le 16 dcembre 1880, ils mirentleur tte le triumvirat Krger, Brand et Joorissen, qui confia la direction des oprations militaires au gnral Joubert. Les Anglais furent battusPotchefstroom, les passes du Drakenberg furent occupes sur la frontire du Natal et les journes de Laings Neck et d'Iniogo, suivies de la double victoire de Majuba-Hill, mirent en droute l'arme du gnral sir Pomeroy Colley, qui fut trouvparmi les morts. Le bruit courut qu'il s'tait brlla cervelle. Des droits que l'on dfendait avec une telle vigueur d'argumentation taient dignes de l'attention du gouvernement anglais; il le comprit
tout de suite,tant de ceux-lqui pensent que bon accommodement est prfrablemauvais procs, et l'accommodement fut toutson avantage, car,la faveur d'un ingnieux artifice diplomatique, il maintenait le protectorat sur le peuple qui venait d'infliger un si rudechecson protecteur. Les Boers protestrent lcontre, tant et si bien, qu'la suite de la mission en Europe de MM. Krger, devenu prsident de la Rpublique, Jacob du Toit et gnral Smit, lord Derby, devant l'insistance de M. Gladstone, substituala convention antrieure le traitde 1884, dans lequeltaient nettement rgls les rapports de l'Angleterre avec la Rpublique sud-africaine et qui ne portait plus trace d'une suzerainet, dont la suppression faisait la base du nouvel accord. Le Transvaaltait rintgrdans tous ses droits nationaux, sous cette seule rserve que l'Angleterre bnficierait d'une facult_ de veto sur les traits conclus avec d'autrestats que l' Orange Free State , pendant un dlai de six mois aprs leur rdaction. _ C'est pour le rtablissement de cette suzerainet, jamais exerce et promptement dnonce, que le gouvernement britannique fait la guerre, aprs avoir joulongtemps d'un autre prtexte aussi peu fond, la revendication des droits politiques des uitlanders (rsidents trangers), en dpit du traitde 1884, dont l'article 4 prcise la nature de ces droits, exclusivement commerciaux, et sans la moindre prtentionune ingrence politique. M. Krger avait pourtant,une poque oil se faisait encore illusion sur la sincritde certaines dolances, ouvert la porte du second Raad aux uitlanders justifiant commelecteurs de deux ans de sjour et de quatre ans commeligibles, sous la seule condition, bien entendu, qu'ils renonassentla nationalitanglaise. Le nombre fut infime de ceux qui mirentprofit cette occasion d'chapperleur sort de uitlanders perscuts. Ils voulaient bien partager les avantages des burghers, mais ils ne songeaient pas un seul instantrenoncer aux prrogatives des citoyens britanniques. Lesphmres exploitants de ce camp minier qu'est la ville de Johannesburg, selon l'expression de M. Paul Leroy-Beaulieu, prtendaient faire la loi aux matres du sol transvaalien,ceux qui l'avaient conquis de leurs armes, arrosde leur sang, dfendu de toutes leurs nergies et constituen untat qui reprsente, observons-le en _ _ passant, avec l' Orange Free State , la seule rpublique contemporaine vraiment digne de ce nom. Jameson prtendit rgler la question d'un coup de main; on lui donna sur les doigts; M. Chamberlain l'a rouverte avec une poigne plus exerce, mais qui ne parat pas devoirtre plus heureuse. La politique imprialiste avait, il faut le reconnatre,tfort habilement mene jusqu'l'clat malencontreux du raid de ce Jameson, dont le zle intempestif compromit tout pour longtemps. On avait patiemment travaill investir le Transvaal, d'abord en lui coupant toute communication avec la mer; aprs avoir inutilement tentde ravir la baie de Delagoa au Portugal, auquel elle fut rendue par l'arbitrage du marchal de Mac-Mahon en 1875, on passait, en 1884, avec les tribus du Tongaland un traitquitendait la puissance britannique sur la cte de l'ocan Indien jusqu'aux possessions portugaises. Puis, sans perdre de temps, on opra du ctde la terre ferme, sous l'inspiration nergique et prvoyante de Cecil Rhodes, poussant vigoureusement le protectorat du Bechuanaland entre la Rpublique sud-africaine et la colonie allemande du Damaraland, qui manifestaient des vellits de se rejoindre, et devanant, bientt aprs, l'expansion transvaalienne dans le Mashonaland, oelletaitla veille de s'installer en vertu d'un traitpassavec Lobengula par le prsident Krger. Puis la Compagnie anglaise de l'Afrique du Sud, habituellement dsigne sous le nom de Chartered,tait cr��e par Cecil Rhodes, entre les mains duquel elle est actuellement un instrument politique redoutable aprs avoirtun
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