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Niveau: Supérieur, Bac+8
VERSION Rapport présenté par Mme Elvire Diaz Texte El telón cayó entonces, y el público permaneció un segundo mudo, atónito, escuchando aún en aquel silencio que hubiera permitido oír la caída de una hoja, embargado por esa especie de pavor suavísimo que infunde en el alma el sentimiento de lo sublime. Una tempestad de bravos y de aplausos estalló al fin en el teatro, y Villamelón salió entonces de su arrobamiento, exclamando con aire de reconcentración profunda: —¡Lo dije!... El vol-au-vent de codornices se me indigesta siempre... Currita, prescindiendo también de su emoción artística, inclinóse vivamente al oído de Leopoldina para preguntarle rabiosa y preocupada: —Pero, mujer... ¿A quién mirará tanto Jacobo en ese palco de arriba?... Leopoldina volvió lentamente la cabeza, con ese arte inimitable que tienen las mujeres para ver sin mirar, y echó una rápida mirada al palco del Veloz-Club. La garçonniere andaba revuelta, y Jacobo, en pie en el palco, flechaba los gemelos con distinguidísima insolencia en la dirección marcada por Currita, sin hacer caso de las chistosas observaciones que, a juzgar por sus risas, parecían hacerle los compañeros. Diógenes, mirando también hacia el mismo sitio, cogió a Jacobo por un brazo y echó al mismo tiempo, con la mano izquierda, una gran bendición en el aire. Riéronse los del palco estrepitosamente, y Leopoldina dijo muy seria: —¡Anda!... Ya los casó Diógenes... Currita, muy alterada, volvió a preguntar: —Pero ¿quién puede estar ahí?... Leopoldina, furiosa dilettante, que recorría siempre de

  • sportif réservé aux jeunes gens fortunés

  • loge

  • solécismes par méconnaissance de l'emploi des prépositions

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Publicado el : miércoles, 20 de junio de 2012
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Fuente : reunion.iufm.fr
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VERSION
Rapport présenté par Mme Elvire Diaz
Texte
El telón cayó entonces, y el público permaneció un segundo mudo, atónito, escuchando aún en
aquel silencio que hubiera permitido oír la caída de una hoja, embargado por esa especie de pavor
suavísimo que infunde en el alma el sentimiento de lo sublime. Una tempestad de bravos y de
aplausos estalló al fin en el teatro, y Villamelón salió entonces de su arrobamiento, exclamando con
aire de reconcentración profunda:
—¡Lo dije!... El
vol-au-vent
de codornices se me indigesta siempre...
Currita, prescindiendo también de su emoción artística, inclinóse vivamente al oído de Leopoldina
para preguntarle rabiosa y preocupada:
—Pero, mujer... ¿A quién mirará tanto Jacobo en ese palco de arriba?...
Leopoldina volvió lentamente la cabeza, con ese arte inimitable que tienen las mujeres para ver
sin mirar, y echó una rápida mirada al palco del Veloz-Club.
La
garçonniere
andaba revuelta, y Jacobo, en pie en el palco, flechaba los gemelos con
distinguidísima insolencia en la dirección marcada por Currita, sin hacer caso de las chistosas
observaciones que, a juzgar por sus risas, parecían hacerle los compañeros. Diógenes, mirando
también hacia el mismo sitio, cogió a Jacobo por un brazo y echó al mismo tiempo, con la mano
izquierda, una gran bendición en el aire. Riéronse los del palco estrepitosamente, y Leopoldina dijo
muy seria:
—¡Anda!... Ya los casó Diógenes...
Currita, muy alterada, volvió a preguntar:
—Pero ¿quién puede estar ahí?...
Leopoldina, furiosa
dilettante,
que recorría siempre de gorra todos los palcos del Real, tenía al
dedillo los abonos de cada turno y los abonados a cada localidad. Calculó un momento la dirección en
que los del Veloz miraban, y dijo al cabo:
—No sé quién puede ser...; ese palco no está abonado.
Fernandito, con las manos en los bolsillos del pantalón, daba pataditas en el suelo, diciendo
tímidamente:
—Estoy fastidiado... ¿Sabes, Curra?...
Curra nada sabía, ni parecía tampoco querer averiguarlo, y aconsejaba mientras tanto a
Leopoldina que fuera en aquel entreacto a visitar a Carmen Tagle, en su platea, desde donde podían
perfectamente descubrirse las incógnitas o incógnita del palco de arriba.
Luis COLOMA,
Pequeñeces
(1890)
.
Vous justifierez dans les passages soulignés vos choix de traduction.
Le texte proposé à l’épreuve de version de la session 2005 était tiré du roman de Luis Coloma (1851-
1915),
Pequeñeces
(1890), qui eut un succès retentissant par sa satire morale et sociale de
l’aristocratie madrilène de la Restauration. Ce roman « profane », exceptionnel sous la plume du père
jésuite Coloma, est une habile étude de moeurs. D’une audace toute relative, il est marqué par les
intentions édifiantes et moralistes de l’auteur qui s’inscrit dans le courant réaliste traditionaliste
catholique de la fin du XIX
e
siècle. Ce passage, tiré du livre III, décrit une soirée au
Teatro Real
24
(Théâtre Royal, opéra) de Madrid, où de jeunes aristocrates (Curra, comtesse de Albornoz, Fernando
Villamelón, son mari, Jacobo, marquis de Sabadell, Diógenes, etc.), installés dans leurs loges, se font
remarquer par leurs jeux amoureux. Ainsi, Jacobo, membre de l’élitiste Veloz-Club, cercle sportif
réservé aux jeunes gens fortunés, observe-t-il avec ses jumelles une, ou plusieurs, jeunes femmes,
tandis que l’observe avec jalousie, Curra. Dans ce texte, récit réaliste et dialogue alternent, mettant en
évidence le décalage entre le spectacle raffiné, tendant au « sublime », et des préoccupations
triviales, ce qui créait l’humour et annonçait la satire. On passait d’un discours parfois relevé et
élégant au caractère clairement cosmopolite, avec la présence de lexique français et italien («
vol-au-
vent
,
garçonniere
(sic),
dilettante
»), à des expressions orales : « anda, mujer », « se me indigesta »,
« estoy fastidiado ».
Malgré quelques bonnes copies, les résultats ont été globalement médiocres du fait d’ignorances
lexicales et culturelles, notamment du lexique du monde théâtral (« telón, palco, platea, abono, turno,
localidad, entreacto, el Teatro Real »), et d’une maîtrise insuffisante des normes de la langue
française, point sur lequel insistait déjà le rapport de 2004 : « La maîtrise du français est essentielle
en version. […]. Rappelons donc que l’exercice requiert une aisance dans les deux langues, que les
textes proposés proviennent d’oeuvres littéraires, ce qui exige des candidats une sensibilité à
l’écriture, et que seul un entraînement régulier sur des textes variés permet de respecter les
contraintes de ce travail difficile et excitant pour l’esprit qu’est la version ». Une grave confusion a
amené des candidats à prendre les personnages qui étaient spectateurs d’un opéra pour les acteurs,
contresens que révélait la justification des choix de traduction qui portait sur le segment : « lo dije ».
Les erreurs qui ont entaché les copies étaient liées à la morpho-syntaxe, par exemple le barbarisme
verbal pour traduire « riéronse » : « ils rièrent » ! pour « ils rirent », des non sens : « ils rirent avec
fracas » (pour « estrepitosamente »), des solécismes par méconnaissance de l’emploi des
prépositions : « regarder / jeter un oeil vers la loge », n’est pas « jeter un oeil à la loge » ou « sur la
loge », « être au balcon » n’est pas « sur le balcon » et encore moins « dans le balcon », de même
que « se pencher à l’oreille » de quelqu’un n’est pas « se pencher sur » ou « s’incliner à /sur ». La
ponctuation particulière de l’espagnol devait être adaptée aux normes françaises. Ainsi, l’emploi de
virgules devant la conjonction de coordination « y » devait impérativement être corrigé. De même, il
fallait ajouter une virgule, sous peine d’un grave solécisme, devant les adjectifs à valeur adverbiale,
compléments de verbe dans : « Leopoldina dijo muy seria » ou « preguntarle rabiosa y preocupada »
(« Leopoldina dit, sérieuse et soucieuse »). La présence des prénoms espagnols et la question de les
traduire ou pas ont aussi troublé les candidats. Enfin, le manque de distance par rapport au texte a
entraîné plusieurs cas d’hispanismes, par exemple pour « los del Veloz » (« les membres / les jeunes
gens du … ») et « los del palco » (« les occupants de ») traduits par « ceux du… » !, ou « Pero,
mujer » : « femme ! ».
A propos de la justification de choix de traduction
Pour la quatrième année consécutive, cet exercice figure à l’écrit où il était présent à la suite de la
version. Les textes officiels (
BO
du 22-03-2001) le décrivent ainsi : « Explication en français de choix
de traduction portant sur des segments préalablement identifiés par le jury dans l’un ou l’autre des
textes ou dans les deux textes ». Les rapports des sessions précédentes précisent clairement ce
qu’on attend des candidats :
« La justification des choix de traduction est une réflexion touchant des aspects lexicaux, morpho-
syntaxiques, culturels et doit expliciter les opérations que fait le traducteur pour passer de la
formulation espagnole à la formulation en français : les adaptations, le respect du niveau de langue,
des métaphores ou autres aspects rhétoriques, l’écart sémantique pour rendre compte d’une tonalité,
25
d’un registre. […] le jury attend du candidat une rédaction claire, précise et rigoureuse, exempte de
laconisme, montrant une parfaite maîtrise des catégories verbales et grammaticales. Une simple
description ou glose de sa propre traduction ne peut tenir lieu de justification […], cet exercice permet
au jury de juger non seulement des qualités littéraires des candidats mais aussi de leurs aptitudes
pédagogiques, par la clarté de l’exposition et la correction et la richesse de la langue française. »
(Extrait du rapport de version de la session 2003). Le rapport 2004 insistait sur le fait qu’on attend des
candidats qu’ils s’interrogent sur les aspects lexicaux, morpho-syntaxiques et culturels qui constituent
la spécificité d’un passage et indiquait : « Les questions que soulève l’épreuve sont celles qu’est
amené à se poser quiconque est confronté à un travail de traduction et donc, au problème de l’écart
entre la langue de départ et la langue d’arrivée. […] les candidats doivent s’inscrire dans une
approche contrastive de l’espagnol et du français » mais « le jury n’attend pas des candidats qu’ils se
livrent à un travail de spécialiste en traductologie ».
Une fois posés les principes de l’exercice, les Rapports signalent les écueils à éviter. « La justification
des choix de traduction n’est ni épreuve de faits de langue, ni explication purement grammaticale du
segment signalé par le jury, pas plus qu’elle ne doit se borner à une paraphrase textuelle » (Rapport
2003). Il est regrettable que « nombre de candidats la traitent encore de façon trop rapide et quelque
peu confuse. Le manque de temps peut expliquer des commentaires inachevés, écrits en « style
télégraphique », qui se contentent de paraphraser la version. À cela s’ajoute probablement une
certaine méconnaissance de la nature de l’exercice. […] Ils se garderont de réciter des paragraphes
de grammaire et s’efforceront de justifier de façon pertinente, c’est-à-dire en tenant compte du génie
propre à chacune des deux langues, les solutions adoptées, et éventuellement envisagées, afin de
trahir le moins possible l’esprit et la lettre du texte espagnol. Nous rappellerons que les commentaires
doivent être rédigés en français, la richesse et la précision de l’expression ainsi que de
l’argumentation permettant d’apprécier la clarté de la démarche, les qualités didactiques d’un
enseignant soucieux de transmettre son savoir. » (Rapport 2004).
Cette longue reprise des rapports antérieurs a pour ambition de convaincre les candidats de
l’importance de l’exercice mais surtout de les guider dans leur préparation. En synthèse, les
commentaires, en français, doivent être entièrement rédigés, avec clarté et précision des termes, et
expliquer méthodiquement le cheminement suivi pour obtenir la formulation française retenue.
Deux syntagmes étaient à étudier : « Lo dije » et « [La garçonnière] andaba revuelta ». Il fallait
observer et expliquer la formulation espagnole, son fonctionnement, puis commenter le choix de votre
traduction, en suivant un raisonnement et une explication pertinents.
- « ¡Lo dije ! »
: dans cette proposition, énoncée au style direct, par Fernandito Villamelón, le passé
simple, « pretérito indefinido », évoque l’action de dire, ponctuelle, dans un passé révolu, une action
antérieure, sans lien avec le présent et vaut un plus-que-parfait. Le pronom personnel neutre COD
« lo » a valeur cataphorique, il est explicité ensuite par : « El
vol-au-vent
de codornices se me
indigesta siempre », cause du malaise de Villamelón, qui, lors d’un repas précédant le spectacle, a
déjà prononcé la phrase « El
vol-au-vent
... » et le rappelle ici. On devait commenter le temps de
« dije » et sa transposition en français : comment passe-t-on du « pretérito indefinido » au plus-que-
parfait ? L’espagnol préfère la forme simple du prétérit au plus-que-parfait lorsqu’il n’y a pas
d’ambiguïté, du fait de l’antériorité de l’action évoquée dans ce « dije » : « Je l’avais bien dit ».
L’insistance, la certitude, est rendue par l’adverbe « bien ». Le jury acceptait deux types de
traductions, d’une part par le plus-que-parfait : « Je l’avais bien dit », « je vous l’avais bien dit », « je
l’avais dit », « je vous l’avais dit » et d’autre part par l’imparfait : « je le savais », « j’en étais sûr ». Du
fait de sa valeur d’imperfectif, l’imparfait présente une action dans sa durée, sa continuité, sans en
26
préciser le début ou la fin, donc comme une réalité encore au présent. Dans
Grammaire explicative de
l’espagnol
(Pottier et al., Nathan, 1995, p. 17), on lit qu’il convient à « l’expression d’un procès habituel
qui se répète sans mention de ses limites dans le temps ». Les temps à écarter : « Je le dis »
(confusion présent et passé simple en français qui débouche sur une ambiguïté et un contresens), le
passé composé : « je l’ai dit », « je l’ai déjà dit », « je l’ai toujours dit », « l’ai-je dit ? ».
-
[
La garçonniere
] « andaba revuelta »
: le syntagme verbal est composé par le semi-auxiliaire
« andar » suivi de l’adjectif et participe passé « revuelta » de « revolver » (« être excité, mettre en
désordre »). « Andar » qui perd son sémantisme de « marcher », est à nuancer par rapport au
résultatif « estaba, resultaba », il ajoute par rapport à « estar » une idée de dynamisme, d’une action
en cours, d’intensité et renforce l’idée d’agitation. Le sémantisme de « revuelto », qui indique un état
d’esprit et non une idée de désordre matériel, traduit une idée de nervosité, d’agitation, d’excitation, et
décrit l’ambiance dans la loge (appelée « la garçonnière ») occupée par les jeunes gens à un moment
précis, mais aussi le mouvement associé aux jeunes gens excités : « La garçonnière était en
ébullition, en pleine effervescence, tout en émoi ».
Traduction proposée
Alors le rideau tomba et le public resta un instant muet, ébahi, écoutant toujours dans un
silence tel qu’on aurait pu entendre tomber une feuille, saisi par cette espèce de douce frayeur
qu’inspire à l’âme le sentiment du sublime. Un tonnerre d’applaudissements et de bravos éclata enfin
dans le théâtre et Villamelón sortit alors de son extase et, d’un air de profonde concentration,
s’exclama :
- Je l’avais bien dit !... Le vol-au-vent de caille me reste toujours sur l’estomac !...
Currita, faisant fi elle aussi de son émotion artistique, se pencha prestement à l’oreille de
Leopoldina pour lui demander, furieuse et inquiète :
- Mais, enfin... Qui Jacobo peut-il bien regarder avec tant d’insistance dans cette loge, là-
haut ?…
Leopoldina tourna lentement la tête avec cet art inimitable qu’ont les femmes pour regarder
sans en avoir l’air et elle jeta un coup d’oeil furtif vers la loge du Veloz-Club.
La garçonnière était en pleine ébullition et Jacobo, debout dans la loge, pointait ses jumelles avec
une insolence des plus distinguées dans la direction indiquée par Currita, sans prêter attention aux
remarques piquantes que, à en juger par leurs rires, semblaient lui adresser ses compagnons.
Diógenes, qui regardait également vers le même endroit, saisit Jacobo par le bras et en même temps
dessina, de sa main gauche, une grande bénédiction en l’air. Les jeunes gens de la loge rirent
bruyamment et Leopoldina dit, très sérieusement :
- Allons bon !... Ça y est, Diógenes les a mariés...
Currita, très troublée, demanda à nouveau :
- Mais, qui peut bien se trouver là-haut ?
Leopoldina, dilettante invétérée, qui occupait tour à tour et toujours à l’oeil toutes les loges du
Théâtre Royal, connaissait sur le bout des doigts les abonnements pour chaque représentation et la
place de chaque abonné. Pendant un moment, elle essaya de repérer dans quelle direction
regardaient les garçons du Veloz et conclut :
- Je ne sais qui cela peut bien être... ; cette loge n’est pas dans les abonnements.
Fernandito, les mains dans les poches de son pantalon, tapait légèrement du pied par terre,
disant timidement :
- Je ne me sens pas bien... Tu sais, Curra ?...
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Curra ne savait rien et ne semblait pas non plus vouloir savoir et elle conseillait entre-temps à
Leopoldina d'aller, pendant l’entracte, rendre visite à Carmen Tagle, dans sa baignoire, d’où l’on
pouvait parfaitement découvrir qui étaient les inconnues ou l’inconnue de la loge d’en haut.
Traduction commentée
Les cinq prénoms espagnols, « Leopoldina, Currita, Diógenes, Jacobo, Fernandito », devaient par
respect pour la langue d’origine être conservés mais si les candidats souhaitaient les traduire, ils
devaient veiller à la cohérence et à l’exactitude de la traduction. Ainsi, « Leopoldina, Diógenes,
Jacobo » ne posaient pas de problème, donnant Léopoldine, Diogène (à la française et pas un
barbarisme) et Jacques (et non Jacob), en revanche les diminutifs Fernandito et Curra/Currita
pouvaient donner lieu à des erreurs d’autant que le contexte n’indiquait pas les liens personnels qui
unissaient certains personnages. Ainsi pour Fernandito, le mari de Curra, les traductions par « le
jeune » ou « le petit Fernand » étaient des faux sens. Quant à « Curra », un diminutif de Françoise,
que retenir ? : Fanchon, Francette, Francine ?
El telón cayó entonces, y el público permaneció un segundo mudo, atónito,
Sur le plan lexical, « telón » (« le rideau »), « atónito » (« ébahi, abasourdi, stupéfait, interdit ») et
« entonces » ont parfois donné lieu à un barbarisme (« le telon » !) et à des faux sens ou contresens :
« atone » !, « bouche bée, sans voix ». L’adverbe « entonces », qui a souvent été confondu avec
« pues » (« donc »), pouvait être rendu par « C’est alors que / Alors, … / Le rideau tomba alors ».
Pour « cayó », le jury acceptait « tomba, descendit, retomba ». Pour « permaneció un segundo », il
convenait d’adapter l’indication de temps « un segundo », qu’il était inexact de traduire par « une
seconde », avec « un moment, un instant ». Enfin, la ponctuation espagnole présentait une
particularité : présence d’une virgule devant la
copulative introduite par la conjonction « y » (il y avait 5 cas dans le texte) qu’il fallait rectifier en
français, sous peine d’un solécisme que, malheureusement, beaucoup ont commis.
Alors le rideau tomba et le public resta un instant muet, ébahi,
escuchando aún en aquel silencio que hubiera permitido oír la caída de una hoja,
Le gérondif « escuchando aún », sans complément, était à valeur absolue et était lié au verbe
« permaneció » : « [resta un instant] tout ouïe, continuant à écouter, écoutant toujours, resta à
écouter ». Faisait faux sens : « écoutant encore ». On devait ensuite rendre l’insistance de « aquel
silencio que hubiera permitido » par « dans un tel, dans un silence tel que… », en écartant « ce
silence » qui était mal dit ; « que hubiera permitido » : « qui aurait, eût permis ». Pour « la caída de
una hoja » (« tomber une feuille, une feuille tomber »), étaient maladroits « la chute d’une feuille » ou
« une mouche voler » qui n’a pas les mêmes connotations.
écoutant toujours dans un silence tel qu’on aurait pu entendre tomber une feuille,
embargado por esa especie de pavor suavísimo que infunde en el alma el sentimiento de lo
sublime.
Plusieurs ignorances lexicales (« embargado, pavor suavísimo, infunde, lo sublime ») ont entraîné des
faux sens plus ou moins graves. « Embargado » donnait : « captivé par, saisi, pénétré, transporté,
28
ravi », « pavor suavísimo » : « douce/délicieuse frayeur, effroi » et non pas « terreur, crainte »,
« suave » ni « suavissime ». Enfin, le substantif « le sublime » était le parfait équivalent de « lo
sublime » et non une périphrase lourde, qui faisait faux sens comme « ce qui est sublime », ni le
barbarisme « sublimité » ou le non sens « sublimation ». Pour ce qui est de la syntaxe, le jury a
souvent constaté un contresens sur la relative « que infunde… » (« qu’inspire/ que fait naître ») : le
relatif remplaçait l’antécédent « l’effroi » et le sujet du verbe était « el sentimiento de lo sublime » et
non le contraire.
saisi par cette espèce de douce frayeur qu’inspire à l’âme le sentiment du sublime.
Una tempestad de bravos y aplausos estalló al fin en el teatro,
On pouvait conserver l’image de la « tempête » pour « tempestad », mais l’expression lexicalisée « un
tonnerre de bravos » était préférable ; était acceptée : « une salve ». L’orthographe du mot « théâtre »
a souvent été estropiée.
Un tonnerre d’applaudissements et de bravos éclata enfin dans le théâtre,
y Villamelón salió entonces de su arrobamiento exclamando con aire de reconcentración
profunda :
Comme dans la première phrase, on devait encore ôter la virgule devant « et ». Le mot
« arrobamiento » (« extase, ravissement »), rarement connu, a donné des faux sens nombreux
(« engourdissement, torpeur, etc. ») ; « salió » : « sortit, émergea », « exclamando » a entraîné un
hispanisme, car en français le verbe est pronominal. Le complément « con aire de reconcentración »
(« d’un air très pénétré, avec un air, la mine ») a souvent été rendu par « reconcentration », considéré
comme un hispanisme, qui faisait faux sens et non sens.
et Villamelón sortit alors de son extase et, d’un air de profonde concentration, s’exclama :
¡Lo dije !… El
vol-au-vent
de codornices se me indigesta siempre …
Pour « lo dije », voir la justification du choix de traduction (« je l’avais bien dit, je le savais… »). Une
grande majorité de copies a traduit « codornices » (cailles) par un faux sens (« perdreau, perdrix,
alouette, ortolan, moineau » et autres volatiles !) et le syntagme « le vol-au-vent de… » a souvent
entraîné des solécismes : « des / aux (cailles) ». La tournure à double pronom « se me indigesta »
(« je le digère mal, me reste toujours sur l’estomac ») a provoqué une grande diversité de fautes,
barbarisme et hispanisme (« indigester »), faux sens : « me donne une indigestion, m’incommode ».
- Je l’avais bien dit !... Le vol-au-vent de caille me reste toujours sur l’estomac...
Currita, prescindiendo también de su emoción artística, inclinóse vivamente al oído de
Leopoldina para preguntarle rabiosa y preocupada :
Pour le vocabulaire, « prescindiendo de » (« faisant fi, mettant de côté ») a donné des faux sens :
« oubliant, dépassant, faisant abstraction de ». Pour rendre « también », on devait penser au
renforcement par le pronom qui permet de mettre en parallèle les deux personnages : « elle aussi ».
« inclinóse … al oído » donnait « se pencha à » et non « s’inclina à/sur » ; « vivamente » évoquait la
brusquerie du mouvement, donc : « prestement, rapidement, brusquement » et non « vivement ».
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Pour la ponctuation, il fallait placer une virgule devant les adjectifs : « furieuse et inquiète » (et non
pas : « rageuse, en rage, enragée » ni « préoccupée »).
Currita, faisant fi elle aussi de son émotion artistique, se pencha prestement à l’oreille de
Leopoldina pour lui demander, furieuse et inquiète :
Pero, mujer… ¿A quién mirará tanto Jacobo en ese palco de arriba ?…
L’apostrophe familière « mujer », qui traduit un agacement, a donné lieu a bien des maladresses,
impropriétés, ton inadéquat, voire contresens comme « dis donc, dis-moi, ma chère, ma vieille, ma
parole, ma grande, ma fille, mon amie », il fallait retenir : « Mais enfin ». Le futur hypothétique
« mirará » qui exprimait l’incertitude a été confondu avec un futur catégorique quand on n’y a pas vu
une obligation ! Plus grave encore, le contresens sur « ¿a quién mirará… » qui a donné : « Qui
regarde Jacobo… ». Pour « tanto », était mal dit : « autant », on pouvait proposer : « avec tant
d’insistance, si intensément, avec tant d’intérêt » ; pour « ese palco de arriba » : « cette loge, là-haut »
et non : « du haut, d’en haut, supérieure, du dessus ».
- Mais, enfin... Qui Jacobo peut-il bien regarder avec tant d’insistance dans cette loge, là-
haut ?…
Leopoldina volvió lentamente la cabeza con ese arte inimitable que tienen las mujeres para ver
sin mirar, y echó una rápida mirada al palco del Veloz-Club.
Pour « volvió la cabeza » (« elle tourna la tête »), on a confondu « volver » avec la forme « volver +
infinitif » (la réitération) et traduit par « elle retourna la tête », qui faisait non sens. Le mot « arte »
(« art ») a souvent été traduit par des faux sens : « air, don, façon, style ». « echó … una mirada al
palco » pouvait donner : « elle jeta / lança un coup d’oeil / un regard rapide / furtif vers la loge », mais
les solécismes sur les prépositions ont été nombreux : « à la loge, sur la loge ». Rendre « ver sin
mirar » par « voir sans regarder » était très mal dit et inexact, on pouvait penser à « regarder sans en
avoir l’air, sans y paraître ». La traduction du nom « Veloz Club » pouvait donner : « le Veloz-club / le
Véloce-Club / le Rapide Club ».
Leopoldina tourna lentement la tête avec cet art inimitable qu’ont les femmes pour regarder
sans en avoir l’air et elle jeta un coup d’oeil furtif vers la loge du Veloz-Club.
La
garçonniere
andaba revuelta, y Jacobo, en pie en el palco, flechaba los gemelos con
distinguidísima insolencia en la dirección marcada por Currita,
L’italianisme « garçonniere » issu du français « la garçonnière » était à conserver et non à expliciter.
D’ailleurs les candidats connaissaient rarement le sens de « garçonnière » (« petit appartement de
célibataire, servant souvent de lieu de rendez-vous »,
Petit Robert
, 2004). Pour « andaba revuelta »,
voir la partie Justification des choix (« en pleine ébullition, effervescence, pleine d’agitation, tout
agitée, tout excitée »). Nombre de copies ont proposé le faux sens « sens dessus dessous » qui, mal
orthographié, devenait un non sens (« sans dessus dessous » !), et « en désordre ». « flechaba los
gemelos » (« pointait / braquait ses jumelles ») a entraîné faux sens, contresens voire non sens :
« dirigeait, orientait, fixait, ajustait », « très distinguée » était inexact et maladroit, donc : « pleine de
distinction, des plus distinguées ».
La garçonnière était en pleine ébullition et Jacobo, debout dans la loge, pointait ses jumelles
avec une insolence des plus distinguées dans la direction indiquée par Currita,
30
sin hacer caso de las chistosas observaciones que, a juzgar por sus risas, parecían hacerle los
compañeros.
La forme « sin hacer caso » (« sans prêter attention, sans s’occuper de ») a très souvent donné des
mal dits : « sans faire cas / grand cas, se moquant de » et l’adjectif dans « chistosas observaciones »
a entraîné des faux sens (« des remarques plaisantes, moqueuses, salaces, des moqueries, des
quolibets »). Pour « los compañeros », on devait expliciter le lien entre Jacobo et les autres garçons,
sous peine de faire un hispanisme, un faux sens ou un contresens : « ses compagnons, camarades,
amis ».
sans prêter attention aux remarques piquantes que, à en juger par leurs rires, semblaient lui
adresser ses compagnons.
Diógenes, mirando también hacia el mismo sitio, cogió a Jacobo por un brazo y echó al mismo
tiempo, con la mano izquierda, una gran bendición en el aire.
Pour le prénom « Diógenes », on devait être attentif à en conserver l’orthographe espagnole mais si
on souhaitait le traduire (on devait alors traduire tous les prénoms), cela donnait Diogène (comme le
philosophe cynique grec). Le gérondif « mirando » devait être rendu par une relative : « qui… » et non
par « regardant » ; « cogió por un brazo » : « par le bras » et non « par un bras », enfin pour « echó…
en el aire » : « il dessina / traça / esquissa / fit, en l’air » (pas « dans l’air »), et non « lança » (inexact).
Diógenes, qui regardait également vers le même endroit, saisit Jacobo par le bras et en même
temps dessina, de sa main gauche, une grande bénédiction en l’air.
Riéronse los del palco estrepitosamente, y Leopoldina dijo muy seria :
- ¡Anda !… Ya los casó Diógenes…
Le barbarisme sur le passé simple « riéronse » (« ils rièrent » ! au lieu de « ils rirent ») est
particulièrement choquant, s’y ajoutait une maladresse ou un non sens sur « estrepitosamente »
(« bruyamment ») : « ils rirent avec fracas ! ». Le jury a relevé des solécismes liés soit à l’absence de
virgule devant l’adjectif en apposition (« très sérieuse »), soit encore à la virgule laissée devant « et ».
L’interjection « ¡anda ! » marquait la surprise et le désaccord mais la traduction par « Tiens / Eh !
bien » était faible et il fallait préférer : « et allez donc, allons bon, sapristi, diable, tiens donc » et pour
le « ya… », éviter le faux sens « maintenant ou déjà » mais : « vient de les marier, voilà que… ».
Les jeunes gens de la loge rirent bruyamment et Leopoldina dit, très sérieusement :
- Allons bon !... Ça y est, Diógenes les a mariés...
Currita, muy alterada, volvió a preguntar :
- Pero, ¿quién puede estar ahí ?…
« alterada » : « irritée, furieuse, troublée » mais non : « énervée », ni surtout « altérée » qui signifie
« assoiffée » ! Pour « puede estar ahí », il fallait préciser l’éloignement avec « là-bas / là-haut » et
l’incertitude avec : « qui peut bien… ».
Currita, très troublée, demanda à nouveau :
-Mais, qui peut bien se trouver là-haut ?…
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Leopoldina, furiosa
dilettante
, que recorría siempre de gorra todos los palcos del Real, tenía al
dedillo los abonos de cada turno y los abonados a cada localidad.
Les problèmes lexicaux ont été nombreux (« dilettante, de gorra, tenía al dedillo, los abonos, cada
turno, los abonados, cada localidad »). Comme les gallicismes précédents (« vol-au-vent,
garçonnière »), l’italianisme « dilettante », synonyme de mélomane, ne devait pas être traduit.
L’adjectif « furiosa » qui signifiait « au plus haut point, extrême » pouvait être rendu par « acharnée,
enragée, impénitente, forcenée, invétérée ». La locution « de gorra », qui donne l’adjectif et nom
« gorrón » (« un pique-assiette ») et le verbe « gorronear », et signifie « gratis, à l’oeil, sans bourse
délier, gratuitement », a été confondue avec une formule autour du mot « gorra » (« une casquette ») ;
« tenía al dedillo » : « connaissait sur le bout des doigts / par coeur ».
Leopoldina, dilettante invétérée, qui occupait tour à tour et toujours à l’oeil toutes les loges du
Théâtre Royal, connaissait sur le bout des doigts les abonnements pour chaque
représentation et la place de chaque abonné.
Calculó un momento la dirección en que los del Veloz miraban, y dijo al cabo :
La traduction du syntagme verbal « calculó… la dirección » a posé problème. Etait mal dit : « Elle
calcula la direction » qui constituait un hispanisme et un solécisme, car « calculer » ne peut être
employé avec direction, mais avec distance. Il convenait donc d’aménager, transposer, expliciter :
« elle réfléchit un instant à la direction / elle essaya de voir dans quelle direction ». Le syntagme « los
del Veloz » (« les membres du / les garçons du Veloz ») comme plus haut « los del palco » (« les
jeunes gens de la loge ») a donné lieu à l’hispanisme « ceux du… ».
Pendant un moment, elle essaya de repérer dans quelle direction les garçons du Veloz
regardaient et conclut :
- No sé quién puede ser… ; ese palco no está abonado.
La syntaxe de la phrase négative a donné des solécismes ou contresens ou non sens et les candidats
ont omis d’indiquer le doute : « je ne sais qui cela peut bien être ». Pour le lexique, « abonar » :
s’abonner, donc « cette loge ne figure pas dans les abonnements ».
- Je ne sais qui cela peut bien être... ; cette loge n’est pas dans les abonnements.
Fernandito, con las manos en los bolsillos del pantalón, daba pataditas en el suelo, diciendo
tímidamente :
- Estoy fastidiado… ¿Sabes, Curra ?… :
Fernandito, époux de Curra, était le même personnage appelé Villamelón qui au début du passage se
plaignait d’un problème de digestion ; l’absence de ces données n’empêchait nullement une traduction
correcte. Aussi le participe polysémique « fastidiado » signifiait-il dans ce contexte : « être barbouillé /
ne pas se sentir bien ». Pour « pataditas » (« des petits coups de pied ») , il fallait adapter par
exemple avec : « il tapait (frappait) légèrement du pied par terre / le sol ». Enfin, le jury a sanctionné
l’hispanisme : « les poches du pantalon » pour : « de son pantalon ».
Fernandito, les mains dans les poches de son pantalon, tapait légèrement du pied par terre,
disant timidement : - Je ne me sens pas bien... Tu sais, Curra ?...
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Curra nada sabía, ni parecía tampoco querer averiguarlo, y aconsejaba mientras tanto a
Leopoldina que fuera en aquel entreacto a visitar a Carmen Tagle, en su platea,
De nombreux candidats ont omis de traduire des mots (« parecía, tampoco ») et ont traduit
littéralement « averiguarlo » par « le vérifier » qui était un hispanisme. Le jury a également relevé des
problèmes d’orthographe ou des barbarismes sur « entracte » (« entreacto »), des solécismes dans la
construction de « visitar » (« rendre visite à / saluer ») et des faux sens pour « platea » (« baignoire »),
qui a été traduit par les lieux les plus saugrenus : « plate-forme, parterre ».
Curra ne savait rien et ne semblait pas non plus vouloir savoir et elle conseillait entre-temps à
Leopoldina d'aller, pendant l’entracte, rendre visite à Carmen Tagle, dans sa baignoire,
desde donde podían perfectamente descubrirse las incógnitas o incógnita del palco de arriba.
La tournure verbale « podían descubrirse » était une « pasiva refleja », avec pour sujet « las
incógnitas », expression courante de l’impersonnel qu’on traduit par « on » ou par la voix passive. Elle
a entraîné de nombreux contresens (« elles pouvaient se découvrir » !) de même que « incógnitas »
(« inconnues ») souvent traduit par « énigmes, mystères ».
d’où l’on pouvait parfaitement découvrir qui étaient les inconnues ou l’inconnue de la loge d’en
haut.
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