UNIVERS RÉPRESSIFS

Publicado por

Les communications présentées traversent tous les genres fictionnels, interrogent langues et discours et explorent les témoignages et l'histoire pour tenter une carte des univers répressifs dans le monde luso-hispanophone.

Publicado el : lunes, 01 de octubre de 2001
Lectura(s) : 239
Etiquetas :
EAN13 : 9782296241213
Número de páginas: 299
Ver más Ver menos
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

~

UN IVERS REPRESSI FS

Péninsule ibériclue et Amérique Iqtine

cgL'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-1038-7

Textes réunis pqr R. (qp(qn, M.L. (opete, I. Reck

UN IVERS REPRESSI FS Péninsule ibérique et Amérique lé1tine
..Acte:J Ju CotloCjueJej 21 et 22 mai 1999

".

or9anijé par

''Cu&ure et .JJi:Jtoire daM le rf/onJe Çjroupe Je Recherche

cfu:Jo-.JJi:Jparwptwne rJanc'12

"

Je (1)niver:Jité

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Sommaire

J-ntf'oJuction

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... .11

Gcrivain invité: CaJo3 c1i3cano. cie langagede la dottude.

.13

première

partie: httéraire~ et cinémalo9raphique~

t!epré~entation~

6pa!Jne / XX
Ucenta Cadtetfanod:

3ièc!e
cia dociété : dtructure répreddive de t'individu

dand CI Verdugo et JOJod a la ctircel de ciuid Çjarcia Berlanga. . . .. . . . . . .29 Catherine Berthet-Cahuzac : cfe retournement ded didcourdoppreddifi dand
miro.

CIcrifMn

de Cuenca

de pitar

43

Jdabel Vtiz'juez de Cadtro : '/)niverddomedti'jue ou pridM de femmed dand le tkâtre edpagnol du XXe diècle : de cia cada de Bernarda .Alta (J. Çjarcia ciorca, 1936) à CI.Adefedio
Jdabelle
led

(R..Alterli,
edpagnol

1944)

.53

Reck:
annéed 60

'/)niverd répreddifi dand Ie tkâtre
et 7

Q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65

7

Amél'ÏrJiue latine / XXe jièc!e
marita J-errero : Une ledure de ola mandion du J!fran
de Carlo:J oli:Jcana.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . ..83

Raut

Cap tan : ~pace:J oppre:J:Ji~ - e:Jpace:J tran:Jgre:J:Ji~ dan:J
de
: Sexuatté

ta dramaturgie
Roxana Paez

mauricio

RO:Jencof..

.. . .. . .. . .. . .. . .. .. .. . .. . . .. . .. . .. .. .. .. .91 105

et révotution

. . . .. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Bri[jÏtte rJatandon : prOCe66UJcréatif, JtralégieJ diJcurJiveJ et kinéÛCJueJ pour :Jorlirde
p:J'jchanat:Jte)

fapri:Jon dan:J (œuvre
dramaturge) metteur

d'Cduardo

Pavlov:Jh'j :

en :Jcène et acteur.

.. . .. ... ... ... . .. ... 115

-.Ane-Çjrethe
ou fa pri:Jon

Oe:Jtergaard:
de ta

-.AdiO:i) RotifMon de Juho

Cortazar
1

civih:Jation..

. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13

miriam

Chiani : ::De fa répre:J:Jion fa dictature mihtaire à fa réprej:Jion de

dan:J fa :JociétépO:Jt-indu:Jtrietfe. rf/odufation:J dan:J timafJinaire de !oppreJJion dan:! leJ roman:! de rf/arcelo Cohen... Unho J(anev : ol~:Jpace répre:J:Jilde fa dictature: Con:Jtantini .. . .. . ... . .. .. . .. . .. . .. .. . . .. .. .. ... .. .153 et ré:Ji:Jtance .139

Gn la YWC~ de flumberto ::Dante Barriento:J Jecun

: ::De:Jtruclion de (individu

de !incon:!cientdan:!olaJ campaneraJde marco -.Antonio J-loreJ Crich J-iJbach: "olimpaJJe" révolutionnaire dand Cita en tierra caraje du Bohvien Jed Cordoba Ctaure.
-.Alejandro Candeco-Jerez : paradigmeJ de captivitéJ) d~n/ermemenfJ

163

177

et di:Jofement:J dan:J ta ~ttérature latina-américaine...

. . . ... . . . . . . . . ... . . . . . . . . 189

8

::Deuxième

Partie:

-.JJi:Jloire et Jémoitjnatje mi9Uel de Unamuno) le pri!Jonnier .203

Jean-Claude Rabaté:

de SafamaYUjue f-Aulomne 1936) mic/wle quiraud: Un cad d~n/ermement dand ! JJidtoire portufjaide :

::b .-AjondO V J (1667-1683)
Jui!J pradena!J Chueca!J : Je

. . ... . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . ... . . . . . . .. . . . . . .221

théâtre et funiver!J concentrationnaire. 23 1 243

Repré!Jentation de fexpérience daM 1e!J camp!Jde concentration au ChiA ncole Jourtané: J'Jndien et la pri!Jon. Ctude!J de récit!Jde vie.

J,.oi:Jième partie:
marta Jopez Jzquierdo

cl!artfjue, pouvoir
: Ja~ue

et t:?é:Ji:Jtance

et pouvoir dand led texte:!juridiqued

ca!Jtittan!J XJ J Je !Jiècle: mi!Jeau point du romance ca!Jütlan du
comme nouvelle lan9ue normative... . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .257

marie-Chridtine Varo!.. Je judéo-edpafjnot d'Jdtambut, tafUjuede fa revanche verbale. marra-JOdé Rueda: Ja pOditionded intetlectue~ lace à fa montée du ladcidme à traverdleurd didcourd. ..271

.283

9

J-ntl'oJuction
Ce volume rassemble les textes des communications présentées par des chercheurs d'universités françaises (Aix-Marseille I, Angers, Grenoble III, Metz, Montpellier III, Nancy2, Orléans, Paris III) et étrangères (Universités d'Odensen Danemark et de La Plata, Argentine) lors du premier colloque organisé par le Groupe de Recherche « Culture et Histoire dans le monde Lusohispanophone» de l'Université Nancy2. Les travaux de ce groupe interdisciplinaire portent sur la Péninsule ibérique, l'Amérique latine et la Turquie du judéo-espagnol autour d'une thématique fédératrice: « Espaces, représentations, systèmes de pouvoirs et de non-pouvoirs ». Il s'agit de cerner, dans le cadre de ces espaces historiques et culturels luso-hispanophones, des notions telles que le pouvoir, la nation, les nationalismes, les minorités et les marginalités, l'identité et les identités; de clarifier le rapport de l'art au politique, la place de l'intellectuel et de l'artiste dans les régimes autocratiques; de décrire et de démonter les mécanismes de la censure, de la manipulation et de la propagande. Les communications présentées traversent tous les genres fictionnels, interrogent langues et discours et explorent les témoignages et 1'Histoire pour tenter une carte des univers répressifs dans le monde luso-hispanophone. Nous avons rassemblé les textes en trois sections: «Représentations littéraires et cinématographiques (Espagne et Amérique latine XXe siècle)>>, «Histoire et témoignage» et « Langue, Pouvoir et Résistance ». Le témoignage de l'écrivain uruguayen Carlos Liscano (1949-) sur sa longue expérience carcérale de 1973 à 1985, années de la dictature militaire, ouvre cet ensemble. A la fois mémoire et réflexion, ce récit nous montre l'enfermement comme lieu de souffrance et de découverte jubilatoire de l'écriture, espace de liberté. Entre dégradation animale et dignité humaine retrouvée dans les mots, entre isolement destructeur et solitude re-créatrice de l'être, c'est de l'Enfer de cette prison nommée par une cruelle ironie « Libertad » qu'est né l'écrivain Carlos Liscano dont l'œuvre compte romans, nouvelles et poésiel.

I Memorias de la guerra reciente (1988), La mansion del tirano (1992) et El camino de Itaca (1994) (romans); El método y otrosjuguetes carcelarios (1987), Agua estancaday otras historias (1990) et El charlatan (1994) (nouvelles); iEstara nomas cargada de futuro? (1989) et Miscellanea Observa ta ( 1995) (poésie). Il a également écrit des adaptations de certains de ses textes pour le théâtre et collabore régulièrement dans I'hebdomadaire Brecha de Montevideo.

Il

La première partie réunit des études portant sur les représentations littéraires et cinématographiques (domaines espagnol et latino-américain) de l'univers carcéral et des pratiques répressives. La communication de M. Ferrero Osorio éclaire certains aspects de l'un des romans de C.Liscano, pensé et créé dans les geôles uruguayennes: La mansion dei tirano. Le travail de R. Caplan complète l'analyse de cette interaction écriture-prison par l'étude de trois œuvres théâtrales de M.Rosencof, autre écrivain uruguayen victime de la dictature. Certaines analyses portent sur les contextes autocratiques de l'Espagne franquiste (C.Berthet, V.Castellanos et LReck) et des dictatures argentine (V.Kanev, B.Natanson, R.Pâez), bolivienne (E.Fisbach) et guatemaltèque (D.Barrientos Tecun) : modalités et instruments de la répression; manipulation de l'information, censure et mythifications; l'individu, le groupe et la collectivité face à l'appareil répressif; aliénation et subversion. D'autres enquêtent sur les nouvelles formes d'oppression dans les sociétés postdictatoriales (M.Chiani, A-G .Oestergaard). LVâzquez explore deux œuvres théâtrales de F.Garcia Lorca et de R.Alberti qui mettent en scène la famille et la répression dont est victime la femme de la société espagnole de la première moitié du XXe siècle. Enfin, A.Canseco-Jerez envisage la thématique sous son angle métaphysique. Dans la deuxième partie de ces actes, J-C.Rabaté nous rappelle l'expérience de Miguel de Unamuno, assigné à résidence à Salamanque en automne 1936, et, M.Guiraud évoque un cas d'enfermement, celui du roi portugais Alphonse VI (1667-1683) ; pour le domaine latino-américain, ce sont des récits de vie et des témoignages que N.Fourtané et L.Pradenas Chuecas explorent: récits de vie d'Indiens jetés en prison dans le premier cas et, dans le deuxième cas, expérience théâtrale de prisonniers politiques enfermés dans des camps de concentration au Chili pendant la dictature d'A.Pinochet. Dans la troisième partie, M.Lopez montre les liens entre les évolutions du Castillan au cours du XIIIe siècle et la volonté d'établir les bases d'un pouvoir royal fort, capable d'organiser et de contrôler le territoire; M-C.Varol décrit les stratégies linguistiques de résistance de la minorité judéo-espagnole installée à Istanbul et M-J.Rueda met en lumière le positionnement des intellectuels face à la montée des fascismes à travers l'analyse de discours prononcés lors de trois congrès internationaux d' intellectuels et d'artistes antifascistes qui eurent lieu entre 1935 et 1937.

Raul Caplan, Marie Lucie Copete, Isabelle Reck 12

Gcrivain

invité:

Larlod clidcano

Un mundo din objeto~)

Carlos Liscano
Le langage de la solitude.

Le texte de Carlos Liscano, écrivain et dramaturge uruguayen qui a connu l'expérience de l'emprisonnement dans les geôles de l'Uruguay dictatorial, se centre sur l'expérience du langage par un être soumis à l'isolement le plus complet pendant des mois et des années. Quand aucun stimulus humain, quand ni lumière ni voix ni son ne parviennent jusqu'à la cellule du reclus, quand toute possibilité de communication est exclue, alors l'individu parvient là où finit l'être humain et où commence l'animal, qui est privé de langage.

14

Ellenguaje de la soledad

Carlos Liscano Escritor (Uruguay)

Una vida sin objeto(s)
Este es el relata de un viaje a los limites de la lengua, al territorio donde uno no sabe si es humano 0 es animal, un viaje al momenta en que uno comienza a dudar si no seria mejar ser animal que ser humano. En noviembre de 1972 se inauguro en Uruguay una cârcel para presos politicos. Era una cârcel rara, una especie de reino negativo del logos. AlIi 10 fundamental era la palabra, pero par ausencia y deformacion. Era un sitio donde las palabras perdian el significado mâs 0 menas aceptado par la convivencia y los diccionarios para adquirir otros, imprevisibles. Comenzando par el nombre: "Cârcel de Libertad". El motiva de este involuntario oximoron, coma se sabe, es la vecindad de la prisi6n con la ciudad de Libertad. El nombre oficial de la insigne institucion uruguaya era Establecimiento Militar de Reclusion Numero 1. Habia, coma es logico y esperable y conocido, un Establecimiento Militar de Reclusion Numero 2, donde se encerraba a las mujeres: el Penal de Punta de Rieles. La cârcel era rara parque la represion alIi dentro era poco visible, era silenciosa, era violenta, y era muy efectiva. La "solucion final", elaborada y declarada par los militares, y los civiles que los apoyaban, que eran muchos, y muchos de ellos estân vivos y ocupan hay cargos importantes en el gobierno y en la administracion deI Estado, era la destruccion mental y fisica de los presos. Ya que no los habian matado en el momento de la detencion ni en los meses posteriores de tortura, habia que congelarles todo movimiento, accion y pensamiento de modo de Ilegar al mismo fin par otros medias. Junto a este proyecto menor que llevaba adelante en las prisiones, el gobiemo de civiles y militares se proponia fundar en Uruguay un reino milenario basado en el modo de produccion castrense, para 10 que habian inventado una jerga compuesta de conceptos como "proceso", "cronograma", "instituciones con dignidad", "10 civico-militar", "actas institucionales", "enemigos de la patria", "fuerzas vivas", y muchas, muchas siglas que ni 15

Champollion lograria descifrar. La radio, la television, los diarios comenzaron a expresarse en un "idioma oficial" ajeno a la vida, que enrarecia las relaciones entre los ciudadanos. Se sumaba a ello la infinita variedad de actos patrioticos y solemnes, la descalificacion deI pensamiento en todas sus formas, el ascenso a todos los puestos de la educaci6n y la cultura de mediocres, hombres y mujeres, que habian estado toda la vida masticando el odio de su resentimiento, y ahora por fin podian llegar a donde nunca sus escasas luces les hubieran permitido. En aquel pais de la jerga civico-militar hay que ubicar la carcel de Libertad. En la entrada del celdario habia un inmenso cartel que bien pudo haber envidiado Dante. Afirmaba "Aqui se viene a cumplir". Queria decir que a aquel paraiso terrenal de fabricacion uruguaya nadie entraba por propia voluntad: los presos cumplian un merecido castigo, y el glorioso Ejército Oriental se sometia al sacrificio de vigilar que el castigo se cumpliera. Alli el placer y la alegria estaban excluidos por definici6n. En el Penal de Libertad habia un edificio y un grupo de barracas, cinco. El edificio, a unos diez metros sobre el suelo, sostenido por 96 columnas, estaba dividido en cinco pisos, que se dividian en dos sectores, que se dividian en dos alas. Las barracas estaban divididas en dos sectores cada una. Nadie del edificio se podia comunicar con las barracas. Cada piso estaba aislado de los otros. Cada sector dentro de un mismo piso estaba aislado de los otros sectores, cada ala estaba aislada de la otra. Si contamos pisos, barracas, sectores, alas, la suma dice que los mas de mil presos alIi encerrados estaban divididos en unos treinta grupos incomunicados entre si. Todo esto es complicado y no vale la pena tratar de comprenderlo. Ni siquiera los presos llegaban a hacerse una idea exacta de la engorrosa organizacion que dominaba los traslados de individuos, los traslados de objetos, el procedimiento para higienizarse, para colgar la ropa lavada, el reparto de la comida, el envio y la recepci6n de cartas, la visitas de familiares y abogados, 10 autorizado, 10prohibido, la vida toda. Cuando uno, después de afios, creia saber como funcionaba algo, se daba cuenta de que no habia logrado pasar mas alla de la superficie; que en 10 profundo la organizacion tenia otras complejidades, recovecos, zonas oscuras indomefiables para el mas experimentado administrador. Todavia mas: si lograba penetrar en 10 hondo, llegaba a ver que las excepciones a los procedimientos establecidos eran tantas, que en ultimo analisis todos eran casos para los que el plan organizador intentaba encontrar soluciones logicas, pero que las soluciones nunca resultarian organizables en un sistema consistente. Aun asi, todo en la carcel daba la impresion de tener una razon. El sector de la vida rebelde a la racionalidad castrense estaba en estudio, y ya se lograria dominarlo.

16

El paisaje dellugar era un yermo de metal y rejas, poblado de soldados, perros, garrotes y reglamentos. El prisionero iba a consagrarse durante anos a inventar la realidad, a nombrar 10 que no existia para que comenzara a existir. Era necesario generar situaciones donde la alegria y la risa aparecieran como espontaneas. Y aparecian, siempre aparecian, y nadie podia entender de qué se reian aquellos individuos. Aislamiento y complicacion burocratica eran las caracteristicas deI Penal de Libertad. Aislamiento deI mundo, deI resto deI pais y de los presos entre si, hasta llegar al aislamiento individual. La carcel parecia un satélite artificial, sobre sus columnas, inmovil sobre el planeta Tierra, ajeno a las leyes de la sociedad y de la naturaleza. La vida en la carcel se transformaba en moléculas que nunca llegaban a dar la imagen de un cuerpo unico. A 10 anterior hay que sumarle medidas como obligar a los presos a marchar siempre con las manos a la espalda, identificarlos por un numero que debian usar en el uniforme gris, en la camiseta, en las sabanas, en el pantalon de flitbol, nlimero por el que uno era conocido, llamado, sancionado. Los presos no tenian pelo. Se los rapaba una vez por semana, 0 cada tres 0 cuatro dias, 0 una vez al dia. Hubo afortunados que fueron rapados de manana y de tarde el mismo dia. Lo que no estaba expresamente autorizado caia en la categoria de 10 prohibido. La categoria era exquisita en el territorio de la lectura. Cubria toda la Historia desde la Revolucion Francesa (incluida ésta) en adelante, la fisica, quimica, electronica, ciencias sociales, Victor Hugo, Borges, Proust, lardiel Ponce la, Benedetti, los hermanos Marx, la Biblia Latinoamericana. Nadie podria adivinar qué autores estaban prohibidos porque la logica militar sigue parametros inefables para el entendimiento de los civiles, a menos que los civiles sean de aquellos que integraban El Glorioso Proceso. En aquella pequena jungla de espacios compartimentados, reglamentos, ordenes, disposiciones contradictorias, arbitrariedades generales y de detalle, arbitrariedades permanentes y circunstanciales, decididas por las mas altas cabecitas pensantes de las Fuerzas Armadas, y decididas también por el soldado deI momento, la realidad se volvia abstracta. Cuando el mundo es parcelado y absurdo uno despega, entra en otra cosa, algo que al comienzo no sabe bien qué es y que luego de mucho tiempo logra organizar en la cabeza, 0 no logra organizar y se pierde en el delirio y la triste locura. Habia un problema menor que yo comprendi mucho tiempo después de haber ingresado al Penal, cuando comencé a escribir: en la carcel no existen objetos comunes, los que uno usa en la sociedad. No hay un reloj, una silla, una olla. Uno no enciende ni apaga la luz, no tiene llave para abrir y cerrar puertas, no hay un cuarto de bano, 0 el cuarto de bano es también dormitorio y comedor,

17

sin puerta, no hay una corbata, un pantalon, un peine. Uno no enciende ni apaga ningun fuego, no tiene dinero, no campra, no paga, no llama por teléfono, no lee el diario, no enciende la radio ni el televisor. Uno acaba por olvidar como son muchos objetos y las situaciones en las que se utilizan. Esto aumenta la extrafieza con respecto a la palabra. Vocablos que uno conoce pierden utilidad, pasan a la categoria de cosas que solo viven en ellenguaje, como El Cipango y el numero pi.

La obsesion por la palabra Lo mas reprimido en la carcel era la palabra. Si uno pasa mucho tiempo sin hablar pierde el habito. Cuando un dia se le permite volver a hacerlo, se aturde, siente dolor de cabeza, le duelen las mandibulas, prefiere escuchar 10 que dice otro, 0 mejor el silencio. Como el ser humano es empecinado -y el preso 10 es por definicion, porque por algo esta en la carcel, alguna norma violo-, cuando uno no puede hacer uso de la palabra no hace otra cosa que querer hablar. Entonces la palabra adquiere un valor que no tiene en la vida normal: comienza a hacerse evidente que poder decir algo y que otro escuche y responda es una maravilla, la mas grande maraviI1a del ser humano. En ese momento uno descubre 10que siempre supo pero nunca necesito formularse: que el que es, es por la palabra. Luego el preso pasara a aplicar esta conclusion a la sociedad, donde viven los libres. Si fuera de la carcel hay gente que carece de la palabra, gente que no puede nombrar ni 10 que existe ni 10 que no existe, Gcual es la libertad de esa gente? Quien no puede expresarse 0 no tiene tiempo para pensar en qué y como merece ser expresado, Ges? El intento de romper el aislamiento y la imposibilidad de conseguirlo produce, sucesivamente, una sobrevaloracion de la palabra y una subvaloracion posterior. Porque uno avanza hasta preguntarse Gpara qué hablar? GHablar para nombrar qué realidad? GLa realidad de la carcel 0 la verdadera realidad que transcurre en el mundo y que al preso le esta vedada? Mejor no hablar, mejor el silencio. La falta de oportunidades de comunicarse hace que al principio uno viva obsesionado por romper el aislamiento, inventa codigos, lenguajes por golpes, lenguajes por sefias. Pero esto, que a su vez valoriza de un extrafio modo el habla, lleva a que las pocas oportunidades de comunicarse que se tienen sean aprovechadas al maximo. Se habla poco, claro, breve. Nadie puede darse ellujo de hacer largos discursos [altos de contenido objetivo, 0 de 10 que a uno Ie

18

parece objetivo, cuando la palabra esta tan vigilada y reprimida. Asi ellenguaje gana en precision y pierde en dimension, una dimension que trataré de explicar con un ejemplo. Al salir de la carcel tuve esta sensaci6n. Durante afios nunca habia hablado mas que con una persona a la vez porque estaba prohibido juntarse mas de dos en el patio. Con mi familia y los amigos nos sentabamos ocho 0 diez personas alrededor de una mesa. Todos hablaban a la vez. De acuerdo a mis habitos, 10que los demas decian era importante porque GPorqué iban a hablar si no? Entonces yo queria atenderlos a todos, y me desesperaba porque todos hablaban al mismo tiempo. Empecé a darme cuenta de que 10que alguien decia no era atendido por los demas, se interrumpian unos a otros, cambiaban de asunto sin que al que estaba hablando le importara mucho. Yo los obvervaba, me parecia imposible que aquello fuera hablar. Luego entendi que no se decian nada, que estaban jugando. La gente se reune no para contarse cosas importantes sino para jugar con las palabras. En los viejos tiempos, en las oportunidades en que podia conversar con alguien, yo hablaba 30 0 45 0 60 minutos (el tiempo de recreo aumento con los afios) y decia 10 que tenia para decir. El otro escuchaba sin afirmar ni negar, en silencio. Dos 0 tres 0 cuatro semanas después el otro contestaba, en 60 minutos, todo 10que mi monologo le habia parecido. Era una especie de comunicaci6n por telégrafo, uno por vez.

El animal hablado Habia en la carcel de Libertad un lugar especial que se llamaba "La isla". En aquel sitio separado del mundo que era el Penal, habia otro todavia mas aislado, que se definia por su propio nombre. La isla eran los calabozos, ellugar donde se metia a los presos que infringian el reglamento, 0 se negaban a cumplir 6rdenes, 0 se rebelaban contra la arbitrariedad, 0 cometian errores, 0 habian caido en desgracia con algun militar. Motivos para ir a parar a La isla no escaseaban. Los calabozos eran un lugar siniestro dentro de la carcel. Algunos de los que alli entraron no volvieron a salir, y los que salieron habian cambiado en algo sustancial que los volvia otros. La isla era soledad, silencio y represi6n. No se podia hablar, nunca. No habia luz, el agua para beber era racionada por los militares: por motivos ajenos a la comprensi6n deI preso podian darla a las diez de la mafiana, a las seis de la tarde 0 a las tres de la madrugada. El calabozo era una habitaci6n de 2x2, de cemento gris, separada de la verdadera puerta por una reja, con un agujero en un

19

rinc6n. El agua corria par las paredes y el suelo, el viento soplaba par un hueco a la altura deI techo. Dos veces par dia se abria la puerta y le entregaban al castigado un plata de aluminio con comida hirviendo. A los cinco minutas 10 retiraban. Uno no se banaba, no se afeitaba, no veia caras. Una vez par semana le cortaban el pela. Podia tener barba de un mes, pero nada de pela. El tiempo deI castigado no es el tiempo de la sociedad: es el tiempo que falta para cumplir el castigo. Para el castigado el futuro va a comenzar el dia en que acabe el castigo. El presente no es el tiempo de la Historia, deI trabajo, de la creaci6n, de la lucha con otros hombres y con casas: es un paréntesis fuera deI mundo. El castigado vuelve a la soledad esencial en que nacemos. Se convierte en un pensador a tiempo completa parque alli uno solo puede pensar. Esta solo con sus pensamientos, 16 haras par dia despierto, caminando en los dos metros y media de la diagonal. Cuando un ser humano esta solo, absolutamente solo, cuando no hay naturaleza ni cultura ni sol ni luz artificial ni sonido, no esta en el mundo. Entonces, (,qué le queda? Le queda su propio cuerpo, y le queda la palabra pensada. La palabra es el pasado, la tradici6n, la cultura. El cuerpo y la palabra son toda la vida deI hombre absolutamente solo. Pero la palabra alli no vale para nombrar 10 que no se tiene, ni para comunicarse. No hay nada, es el vacio: el agua no es agua, es humedad en las paredes. El sonido es el crujir de alguna puerta. La luz es la que el ojo inventa en la oscuridad, y las imagenes que crea en las manchas de las paredes. Los olores son los deI animal y sus heces. Esta el cuerpo y esta la palabra, pero el cuerpo no sirve para trabajar ni para el placer y la palabra no sirve para nombrar la ausencia de casas, de gente, de amante, de amigos, vecinos, padres, hijos. En aquel lugar, cuando la piel comenzaba a caerse par falta de sol, 10 tinico que importaba era uno mismo. Uno se repetia: "Debo vivir, debo vivir, contra todo. Si el mundo se hunde, yo igual viviré." Aunque no sabia bien par qué, a uno Ie parecia que vivir era necesario. Para sobrevivir uno se concentra tanto en la naturaleza que se vuelve s610 cuerpo, se vue Ive una bestia. La palabra es la tinica campania deI castigado y es también su pear enemigo. A la bestia le basta con corner, beber agua, dormir algunas haras. En cambio la palabra no cesa de hostigar a la pobre bestia. En la palabra estan los recuerdos, las ilusiones, las preguntas incontestadas, la que se hizo mal, la que no se hizo y se debi6 haber hecho. En la palabra esta el ser humano. Pero uno duda de ser todavia humano, y mas duda cuando al carcelero, par mera diversion, se Ie ocurre dejar sin comer a los presos. En La isla no hay voces mas que la propia para responder, para estimular, disentir, aprobar, y recordarle a uno que es mejor ser humano que ser bestia. Uno intuye que sin la palabra s610

20

quedaria la bestia, y es seguro que la bestia sobreviria mejor que uno, que carga la maldicion de ser un animal hablado. Pero entonces, ya en el limite, la palabra machacada, aplastada, inventa una vocecita, muy tenue, que habla, que vuelve a inventar el mundo, los colores, los sonidos, los olores agradables, las amables voces conocidas. Entonces la palabra vuelve a ser la salvacion, vuelve a crearlo todo: los pajaros cuyo nombre nunca conocio, una puesta de sol en la infancia, los arboles y su sombra, una cancioncita trivial, la leyenda de la Escuela Pitagorica sobre los numeros irracionales, un cuento de Dino Buzzatti donde hay un rey, un gol que vio hacer a sujugador favorito. Todo vuelve a ser, a existir por el poder deI que, no teniendo nada, descubre otra vez que posee la palabra, que es la que todo 10 crea. Es una lucha donde el unico objetivo es sobrevivir. El mundo desaparece, uno se tiene a si mismo y con ese individuo tiene que convivir. Uno puede despreciarse, sentirse lastima, odiarse un poco, pero no se puede declarar la guerra total ni condenar al otro que uno es. En algun momento tiene que absolverse, creer en si mismo, sentir que aun siendo la vida 10 que es, vale la pena vivirla. Uno hace las paces, se respeta los defectos, rescata algo positivo, aunque sea minimo, aunque sea ilusorio. De pronto se sorprende hablando solo. La primera vez la sorpresa de escuchar la propia voz puede provocar miedo: uno cree que hablar solo es el signa evidente de que ya se paso para el otro lado. Luego se da cuenta de que hablar, aunque sea solo, es necesario y es sana. Entonces, reconciliado, se cuenta casas, recuerda en voz alta, se canta canciones, formula frases que no quiere que se le escapen en el torrente deI pensamiento.

De la palabra a la libertad

Cuando nada es posible uno hace 10 que puede dentro del estrecho andarivel que le dejan y, aunque no parezca, entre esos limites cabe un territorio practicamente infinito. Por inversion extrafia de las cosas, cuando el preso piensa en el mundo de fuera de la carcel y 10 compara con el suyo, siente que puede ejercer su libertad mas que los otros. Como no puede hacer que algo cambie, el preso trabaja sobre si mismo, que es la unica materia que puede dominar. A transformarse dedica las 24 horas deI dia. Esa transformacion obliga a transformar el idioma, en varias etapas, en varias capas: el que él es, el proyecto de si mismo, la representacion ante el

21

guardian, la relacion con el preso que esta en la celda de al lado, su secreta pasado. La mentira ante el guardian que el preso representa permanentemente, esta vigilada par el que él siente que es. Vive representando y representandose a toda hora. Es una obra de teatro sin pausa. Puede hacerse el que no sabe, el que no entiende, el distraido, el tanto, el loco. Cada una de esas representaciones exige coherencia en las acciones y un lenguaje también coherente. El preso escribe el guion y 10representa. Él es su propia obra de teatro, y esa obra, en la que se le va la vida, implica una moral para mostrar al represor y otra para si mismo. Aun la insania tiene una logica. El preso se hace el loco para no enloquecer. Cada paso en la locura premeditada es una experimentacion con el lenguaje. (,Cual de los dos say, elloco, 0 el que hace que esta loco? Ante el represor vale todo, pero no hay que olvidar que esa segunda moral es hija y dependiente de la otra, la de la dignidad. El preso es un ser vencido, pero su existencia desafia a los vencedores. En una carcel de presos politicos el preso es siempre "un enemigo de la sociedad". Ser un enemigo de la sociedad que no tiene nada ni nada puede, es una especie de escandalo existencial: suena dramatico y acaba siendo ridiculo. La mera existencia es ya resistencia, y le da al mas débil un poder que el vencedor no tiene. Al vencido le basta con existir para dar significado al mundo. Al vencedor no le basta ni la muerte deI vencido: observa al preso dia tras dia, meses, anos: el otro sigue existiendo, respira, piensa, hace casas en silencio. El vencedor sabe que 10 que él ve no es mas que una representaci6n. Pero como el preso tiene muchas capas de representacion, el represor no sabe nunca cuando esta frente a una representacion y cuando esta frente al verdadero individuo. El preso, para el guardian, es un misterio. Nunca sabra quién es. Esta hace deI preso un ser poderoso, y libre. En el mundo desarticulado de la carcel, parcelado, desconectado deI gran mundo, y a su vez dividido en trozos inconexos, la palabra primera se retrae.

Con los afios, poco a poco la carcel comienza a reflejarse en el lenguaje. El
lenguaje organiza la realidad, le da forma, le impone un sentido, y asi modifica la realidad. Entonces las palabras vuelven par su camino, vuelven a conquistar trozos de libertad. Ahara tienen a su favor el peso que han adquirido después deI viaje al limite, alIi donde reside el animal, y donde el ser humano se confunde con él. Nunca se supera la afioranza deI mundo real, el de los libres. Pero aparece una linea oblicua para llegar a él: la ironia, el humor negro. Cuando nada puede estar pear, no hay nada de qué reirse. Pero entonces, como nadie es mas grotesco que un preso, todo puede ser motivo de risa. Esta acaba par dar una extrafia fuerza: uno pasa a ser blanco de sus propias bramas, y asi se salva. El

22

lenguaje vuelve a salvarlo. El preso ha organizado el terror a morir, ha discutido con él. No 10 ha vencido, pero 10 mantiene a raya. En una etapa posterior el preso puede bromear sobre su propia situaci6n. GY por qué no hacerlo con la situaci6n de los demas, de los libres, los que estan afuera, que no saben 10 que es la verdadera libertad? La reflexi6n en torno allenguaje, elllegar al limite donde el ser humano comienza a ser s610 animal, lleva al descreimiento en ellenguaje. La palabra es la cultura, y la eultura, propiedad de los vencedores, es mentira, represi6n, arbitrariedad, maltrato: son los civico-militares, la mierda advenediza de la sociedad que se ha sentado en el poder. Las palabras se vuelven inanes: todas las palabras, las de otros, las propias. Par este camino de la desconfianza en el lenguaje se llega a una ironia esencial y peligrosa. El preso desconfia deI lenguaje, de si mismo, de todo 10 que se dice, y le parece que hasta el eonocimiento cientifico es una eonstrueei6n vaeia. Esto es sano, porque desarrolla la eapacidad de nunea tomarse demasiado en serio. Pero es peligroso, porque puede llevar al desereimiento total en el ser humano, que es la palabra. Por fortuna el preso acaba descubriendo las palabras esenciales, las de la amistad, las de la solidaridad, la que nombra el sabor deI pan y de la sal.

Entonces vuelve poco a poco a rescatar la palabra, un poco temeroso, con
mucho cuidado, comienza a sacarla de la basura donde la dictadura la ha hundido. Recuerda 10que ya sospechaba, 0 accede a un nuevo conocimiento: el ser humano no es solamente una criatura luminosa 0 solamente una bestia. El ser humano es las dos cosas, y el lenguaje refleja las dos. Que el torturador también tenga el don de la palabra no anula el valor deI silencio deI torturado, que en el tormento se trag6 las respuestas. Pese a la hipocresia, a la mentira, a la corrupci6n deI pensamiento y los sentimientos que toda dictadura quiere imponer a la convivencia, hay palabras que importan y mucho, y esas deben ser salvadas para poder salvarnos. Soledad y solidaridad, muerte y libertad, fueron objetos de reflexi6n alguna vez para cada preso, no importa con qué grado de elaboraci6n y desarrollo ni hasta d6nde lleg6 con las respuestas. En pocas palabras y sin dramatismo: en la carcel me hice adulto, en la carcel me salieron canas, en la carcel hice mis mejores amigos, en la carcel me hice escritor. Siento, después de 14 afios, que algo de aquel viaje a los limites de la lengua es en el fundamento mas profundo de todo 10 que he escrito, en y después de la carcel.

23

première

partie

Reprédentationd 6ttéraired et cinématog-raphi,/ued

~pagne

XX Siècle

----------------------------------------

La société: structure répressive de l'individu dans El Verdugo et Todos a la carcel de Luis Garcia Berlanga

Vicenta Castellanos Université Nancy2

Nombreux ont été les films consacrés à la répression dans le cinéma espagnol. L. G. Berlanga est passé maître en la matière. Il a su fixer sur la pellicule les moments historiques les plus importants de son pays. Avec l'humour qui le caractérise, il a dénoncé les divers mécanismes répressifs vécus par l'Espagne tout au long de ce siècle. Aussi, proposons nous d'étudier la société comme structure répressive de l'individu dans El Verdugo (1963) et Todos a la Cétrcel (1994) de Berlanga. Dans El Verdugo, Berlanga porte à l'écran l'histoire d'un bourreau contraint d'accepter cette tâche pour survivre. Tous les protagonistes sont condamnés à connaître les affres de la mort. La société de l'époque ne laissait à l'individu aucun libre arbitre, elle sanctionnait toute infraction aux règles par une peine d'emprisonnement ou par une condamnation à mort. Dans Todos a la Cétrcel, nous assistons à une petite fête organisée en l'honneur d'anciens prisonniers politiques. La Modelo, prison de Valencia, correspond à l'espace diégétique. Ce lieu peut sembler étrange pour une commémoration, mais il constitue un lien avec un passé, plus ou moins proche, qui oblige les personnages à réfléchir sur le sens réel de leur vie. L'axe thématique de ces deux longs-métrages tourne autour du manque de liberté et de l'enfermement physique et psychologique subis par l'individu au quotidien. L'action de ces films se déroule à deux époques bien distinctes. Le premier fait référence à l'Espagne franquiste alors que le second s'inscrit dans l'ère démocratique. Les trente ans qui séparent ces deux productions ont connu de nombreux changements. Les personnages berlanguiens ont l'impression d'établir entre eux des liens communicationnels, mais ils sont pris au piège dans un labyrinthe qui les prive de tout rapport avec autrui et les confine dans la solitude la plus absolue.

29

¡Sé el primero en escribir un comentario!

13/1000 caracteres como máximo.