Franscisco Candel

De
Publicado por

Francisco Candel (1925-2007), écrivain catalan de langue espagnole, devint, grâce à un essai sur "Les autres Catalans", le porte-parole de l'immigration espagnole en Catalogne. Son engagement lui valut d'être sollicité sur la scène politique. Il fut sénateur et conseiller municipal, au cours de la Transition démocratique espagnole. A travers cinq ouvrages, de Barrion à Ayuntamiento llamado Ellos, Candel chronique sur le mode de la docu-fiction la période dite de Transition et l'émergence de la question catalogne.
Publicado el : domingo, 01 de septiembre de 2013
Lectura(s) : 2
EAN13 : 9782336322513
Número de páginas: 298
Ver más Ver menos
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Michel Landron
Francisco Candel Une mémoire de la Tra démocratique en Catal
Recherches et Documents
Espagne
Préface de Pilar Martinez-Vasseur
Francisco Candel, Une mémoire de la Transition démocratique en Catalogne
Recherches et Documents– Espagne Collection dirigée par D. Rolland et J. Chassin La collectionRecherches et Documents–Espagnepublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques, des documents et des recueils de documents. Dernières parutions Thierry GALLICE,Guérilla et contre-guérilla en Catalogne (1808-1813), 2012. Elisabeth DELRUE,Voyages ou séjours d’écrivains espagnols en Europe au tournant du siècle (1890-1910), 2012. FRANÇOIS Marie,Eau et développement en Espagne, Politiques et discours, 2012. GAUTHIER Michel,Federico García Lorca: le Romancero gitano,2011.BOTTIN Béatrice,José Martín Recuerda aux prises avec l’Histoire,2011. DELAUNAY Jean-Marc,Méfiance cordiale, Les relations e économiquesde la fin du XIX franco-espagnolessiècle à la Première Guerre mondiale,2010. DELAUNAY Jean-Marc,Méfiance cordiale, Les relations e colonialessiècle à la franco-espagnolesde la fin du XIX Première Guerre mondiale,2010. DELAUNAY Jean-Marc,Méfiance cordiale, Les relations e métropolitainessiècle à lafranco-espagnoles de la fin du XIX Première Guerre mondiale,2010. ANTÓN Carmen,Chemin faisant. Espagne, guerre civile et guerre, 2009. MÉKOUAR-HERTZBERG Nadia (sous la dir.),Nouvelles figures maternelles dans la littérature espagnole contemporaine. Les « mères empêchées », 2009. MARQUÉS POSTY Pierre,Espagne 1936. Correspondants de guerre, 2008. PEYRAGA Pascale (textes réunis et présentés par),Le caprice et l’Espagne, 2007. ALVAREZ Sandra,Tauromachie et flamenco: polémiques et e e clichés. Espagne XIX– XX, 2007.
Michel Landron
FRANCISCOCANDEL, UNE MÉMOIRE DE LATRANSITION DÉMOCRATIQUEENCATALOGNE
Préface de Pilar Martinez-Vasseur
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00728-1 EAN : 9782336007281
P RÉFACE On a dit de la Transition espagnole qu’elle était, « dans une large mesure, le produit de deux impuissances croisées » : celle des partisans de la continuité de l’autoritarisme après la mort de Franco et celle des partisans d’un changement radical imposé 1 par la pression des masses. À ces deux impuissances ne faudrait-il pas en ajouter une troisième: la difficulté à rendre compatible, dans le Titre VIII de la Constitution de 1978, une Espagne unitaire et une Espagne des «nationalités et des régions »dites «historiques »(Catalogne, Pays basque et Galice). Aujourd’hui où des voix s’élèvent, avec de nombreux ouvrages d’historiens à l’appui, sur la vision mythique et « exemplaire »de cette transition démocratique et où la question de l’indépendance de la Catalogne et du Pays basque sont au centre de tous les débats, l’ouvrage de Michel Landron consacré à Francisco Candel, écrivain catalan en langue castillane et témoin de la Transition prend, « ici et maintenant », toute sa dimension. Alternant le récit fictionnel (romans et nouvelles), le récit factuel (reportages, essais), le récit journalistique et les chroniques, l’écrivain Candel a mis en récit – historique et fictionnel – son expérience vitale extrêmement longue, riche et contradictoire (1925-2007). Récit parmi d’autres, l’histoire se singularise pourtant par le rapport spécifique qu’elle entretient avec la vérité, car elle entend bien renvoyer à un passé qui a réellement existé, l’histoire serait non seulement récit mais 2 aussi le «roman vrai» dont parle Paul Veyne. Qu’est-ce qui peut bien, dès lors, différencier l’intrigue historique de l’intrigue romanesque, le récit historique, le récit fictionnel, le récit journalistique dans l’œuvre d’un auteur aussi prolifique que Francisco Candel ? Michel Landron, dans cette étude passionnante de l’écrivain catalan renvoie souvent le lecteur à Paul Ricœur qui, dans 1 COTARELO, Ramón, “La transición democrática española”, in COTARELO, Ramón, (ed.),Transición política y consolidación democrática. España (1975-1986), Madrid, CSIC, 1992, p. 19. 2 VEYNE, Paul,Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1971, p. 10. 7
Temps et Récit, soucieux de scruter le mystère du temps, considère, tour à tour, l’histoire et la fiction et arrive à la conclusion qu’il ne saurait y avoir d’histoire sans un lien, si ténu soit-il, avec le récit. La question centrale, pour Paul Ricœur, est bien celle du temps et de son irreprésentabilité; l’historiographie n’occupe donc qu’un moment de l’enquête et l’affirmation d’un lien dépend elle-même de l’hypothèse principale selon laquelle il ne saurait y avoir de temps pensé 1 que raconté. C’est autour de cette problématique, à savoir la frontière entre histoire et fiction, entre temps pensé et raconté, que va s’articuler la réflexion de Michel Landron autour de Franscisco Candel et ce avant l’évocation du « récit d’enquête » mené par l’auteur qui se cherche à chaque fois comme le « chroniqueur du temps présent » et se veut tel, tout au long de son parcours. Michel Landron nous invite ici à considérer les ouvrages de Candel, présentés dans cet opus, comme des objets de l’histoire, en l’occurrence de l’histoire du Temps présent de l’Espagne et de la Catalogne et ce de façon consécutive et simultanée à la fois, tant les histoires de ces deux entités semblent difficiles à dissocier, que ce soit dans le passé comme dans le présent. Le lecteur ne trouvera pas dans ces pages une simple biographie de Francisco Candel mais plutôt la mise en contexte d’une production féconde, vivante et parfois déroutante, qui tient davantage de ce que l’on appelle aujourd’hui la chronique. Si l’auteur d’une chronique se doit de relater les faits dont il est témoin dans l’ordre chronologique, Candel, à travers ses contributions régulières aux périodiquesAvui,Primera Plana, Interviú,Tele/eXprés,El País,La Vanguardia, etc. amène le lecteur non seulement à suivre le quotidien des changements qui eurent lieu en Espagne après la mort du général Franco mais aussi à prendre conscience et à se poser des questions sur la nature de la démocratie qui était en train de se construire depuis les premières élections démocratiques de juin 1977 jusqu’en 1983. Michel Landron nous propose une analyse précise et distanciée de ces chroniques réunies dansUn charnego en el Senado, nous rappelant le chemin parcouru par l’auteur depuis ce qu’il nomme la résistance pré-démocratique, de mars 1977 1 RICŒUR, Paul,Temps et récit, Paris, Seuil, 1983-1985, vol. 2, p. 102. 8
jusqu’en 1979, après son expérience de sénateur, sur la liste de « L’Entesadels catalans». Ces deux bornes s’élargiront par la suite, avec une nouvelle expérience, celle de conseiller municipal de l’Hospitalet de Llobregat pour le Partit Socialista Unificat de Catalunya (PSUC) entre 1979 et 1983, montrant ainsi la difficulté de l’écrivain à s’engager sans se compromettre, à représenter « les prolétaires » sans les trahir, à être le porte-voix des immigrés tout en conciliant les priorités sociales et le primat de la langue.Barrio,Un Ayuntamiento llamado Ellos, des récits, des témoignages journalistiques ou littéraires que Michel Landron extrait de la très riche production candelienne pour signifier à quel point l’écrivain nous livre en temps réel les luttes de quartier, les mouvements associatifs très actifs à l’époque, les contradictions de la charge d’élu et enfin le désenchantement d’une génération qui attendait beaucoup de la fin de la Dictature et qui peine à comprendre les nouvelles valeurs mises en place par la toute jeune démocratie espagnole. Œuvre de mémoire individuelle et collective que celle que nous livre Francisco Candel à travers le cycle que Michel Landron a choisi d’étudier pour aborder les questions qui sont au cœur de l’identité catalane, du nationalisme et de la vie politique catalane. Dans l’effervescence politique et culturelle de la Transition démocratique, tous les dirigeants catalans s’étaient exprimés, bien entendu, sur les questions identitaires et linguistiques mais aussi sur la relation entre l’identité catalane et l’immigration, en se basant sur la mémoire individuelle de l’auteur, celle des enfants de la guerre. C’est dans ce contexte que les ouvrages de Candel font figure de pionniers en la matière. L’éclairage que Michel Landron apporte à la lecture de ces écrits, à partir de ses travaux sur la question migratoire en Catalogne, renvoient le lecteur à une meilleure compréhension de l’évolution que la Catalogne a connue en tant que terre de e e migration au cours des XXet XXIsiècles.Les autres catalans, dans ses diverses éditions de 1958 à 1985, devient l’ouvrage de référence sur le sujet et fonctionne comme un lieu de mémoire de l’histoire de la Catalogne. L’immigration aura constitué et constitue encore aujourd’hui l’un des enjeux majeurs dans la réflexion sur la définition de l’identité catalane : son poids électoral, la question linguistique, la survivance des pratiques culturelles des régions d’origine et,
9
¡Sé el primero en escribir un comentario!

13/1000 caracteres como máximo.