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Frédérique Valentin
Variabilité humaine au Néolithique récent final dans le Bassin
parisien
In: Gallia préhistoire. Tome 39, 1997. pp. 239-254.
Résumé
Après une présentation des sépultures et pratiques funéraires Seine-Oise-Marne (S.O.M.), cet article offre un bilan des
caractéristiques métriques et morphologiques des sujets provenant de vingt-quatre séries. Il détaille en particulier la morphologie
du squelette post-crânien qui est rarement prise en compte. Un essai d'interprétation des caractères observés régionalement et
localement, faisant intervenir les modifications dues aux activités physiques, à la malnutrition et à l'endogamie, est proposé.
Abstract
After a presentation of the burials and the burial practices, this paper provides the metrical and morphological features of the
skeleton from 24 samples. Especially, it gives more details on the postcranial skeleton seldom studied. An explanation of the
recorded traits, related to modifications due to physical activities, malnutrition and inbreeding, is proposed.
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Valentin Frédérique. Variabilité humaine au Néolithique récent final dans le Bassin parisien. In: Gallia préhistoire. Tome 39,
1997. pp. 239-254.
doi : 10.3406/galip.1997.2153
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1997_num_39_1_2153Variabilité humaine
au néolithique récent final
dans le Bassin parisien
Frédérique Valentin*
Mots-clés. Néolithique final, Seine-Oise-Marne (S. O. M.), France, Bassin parisien, anthropologie, variabilité, squelette humain.
Key-words. Late Neolithic, (S. O.M.), France, Bassin parisien, anthropology, variability, human skeleton.
Résumé. Après une présentation des sépultures et pratiques funéraires Seine-Oise-Marne (S.O.M.), cet article offre un bilan des
caractéristiques métriques et morphologiques des sujets provenant de vingt-quatre séries. Il détaille en particulier la morphologie du
squelette post-crânien qui est rarement prise en compte. Un essai d'interprétation des caractères observés régionalement et localement,
faisant intervenir les modifications dues aux activités physiques, à la malnutrition et à l'endogamie, est proposé.
Abstract. After a presentation of the burials and the burial practices, this paper provides the metrical and morphological features of the
skeleton from 24 samples. Especially, it gives more details on the postcranial skeleton seldom studied. An explanation of the recorded traits,
related to modifications due to physical activities, malnutrition and inbreeding, is proposed.
plusieurs centaines de défunts comme à La Chaussée- Succédant au Chasséo-Michelsberg, le Néolithique
récent final du Bassin parisien se développe entre 3500 et Tirancourt (Somme). Elles livrèrent un mobilier typique
2300 avant J.-C. avec la culture du Seine-Oise-Marne du Seine-Oise-Marne et de nombreuses manifestations
(S.O.M.), suivie de celle du Gord. Leur influence se fera artistiques. Leur durée d'utilisation s'étend en général
sentir de l'est du Bassin parisien aux Pays de la Loire, sur plusieurs siècles, rendant leur attribution culturelle,
Poitou et Massif armoricain (Bailloud, 1985). Leur S.O.M. ou Gord, parfois délicate.
extinction est à peu près synchrone. Ces monuments, toujours implantés au-dessous du
Comme un peu partout en Europe à pareille époque, niveau du sol, se répartissent principalement en allées
le Néolithique récent final du Bassin parisien se caractér sépulcrales et hypogées. Les plus spectaculaires sont, sans
ise par la présence de nombreuses sépultures collectives conteste, les grandes allées mégalithiques semblables à
implantées dans une aire restreinte (Bailloud, 1974 ; celle de La Pierre Turquaise à Saint-Martin-du-Tertre
Peek, 1975). Ainsi, par exemple, le Vexin compte 18 (Val-d'Oise). Ces constructions, habituellement nom
allées couvertes dont 10 sont conservées in situ (Tarrête, mées allées couvertes, suivent un schéma stéréotypé : une
1976; Ménard, 1985). Ces tombes accueillaient jusqu'à chambre funéraire allongée, séparée d'une antichambre
* Laboratoire de Préhistoire du Muséum National d'Histoire Naturelle, UMR 6569 du CNRS, Institut de Paléontologie Humaine, 1 rue René-
Panhard, F-75013 Paris.
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 240 Frédérique Valentin
Oger (Leroi-Gourhan et al, 1962). Tous ces déplacepar une dalle hublot, une entrée axiale et une couvertu
ments attestent une utilisation prolongée de la sépulture re de dalles mégalithiques. D'un autre côté, on commenc
e maintenant à connaître, équivalents non mégali et la succession des dépôts des corps. Si l'inhumation est
thiques, des allées sépulcrales en bois telles que celle du de rigueur dans ces tombeaux, on rencontre cependant
Prieuré à Lacroix-Sain t-Ouen dans l'Oise (Billand et al, des sépultures à dépôt de restes incinérés comme celle de
1995). Plus localisés, les hypogées se retrouvent à l'est du Maison-Rouge à Montigny (Loiret). À la fin de leur
Bassin parisien, en Champagne et dans l'Oise. En période d'utilisation, les monuments étaient non pas
Champagne, ces grottes artificielles s'ouvrent vers le sud abandonnés mais délibérément condamnés, détruits par
le feu ou effondrés tel celui de Méréaucourt dans la et leur grand axe est orienté vers le nord. Elles sont en
général creusées suivant le même plan : une chambre Somme (Guy, Masset, 1991).
funéraire grossièrement carrée précédée d'une antégrot- Ces sépultures collectives du Bassin parisien, connues
te et d'un couloir d'accès comme Les Gouttes d'Or à et étudiées depuis longtemps, ont l'avantage d'offrir un
Loisy-en-Brie (Chertier et al, 1995) et Le Mont-Aimé II à matériel anthropologique abondant, généralement bien
Val-des-Marais dans la Marne (Crubézy, Mazière, 1990). conservé, provenant d'ensembles clos, même si leur
Implantés à peu de distance les uns des autres, ces hypo durée d'utilisation a pu s'étendre sur plusieurs siècles.
gées se regroupent parfois en nécropole comme celle du Succédant aux travaux de Broca (1863, 1864), Topinard
Razet à Coizardjoches (Marne) qui en compte trente- (1887), Manouvrier (1894, 1896, 1907) entre autres, les
sept (Bailloud, 1974). À ces constructions monumentales recherches de R. Riquet (1970) proposent une image syn
s'en ajoutent d'autres, plus modestes : ainsi, on dénombre thétique de ces populations en se fondant sur des don
des petits caveaux monocellulaires comme le coffre de nées craniométriques et sur la stature. Cet auteur montre
Bellevue à Presles (Val-d'Oise) et des sépultures en fosse que les sujets issus de ces monuments constituent, par
entourées de pierres sèches dont les formes sont comparaison avec les populations contemporaines voi
diverses ; catégorie à laquelle se rattacherait la sépulture sines, un ensemble homogène malgré quelques variantes
collective du Paradis à Noisy-sur-École en Seine-et-Marne locales opposant Champagne et Ouest parisien. Avec la
(Brézillon et al, 1973). Ces dernières représentent, selon thèse de R. Menk (1981), la problématique typologique
C. Masset (1993), la phase la plus ancienne du complexe sous^jacente se transforme et une discussion sur la causal
ité des phénomènes observés s'amorce. Ainsi la gracilisa- S.O.M.
Participant d'un rituel funéraire complexe, la pré tion du squelette est-elle mise en relation avec des phé
sence du monument est, comme on l'a déjà souligné, nomènes de migration (Menk, 1977, 1981) ou de
ostensible, sa localisation facilement repérable. Son nutrition (Schwidetsky, 1962, 1989 ; Grupe, 1989).
architecture montre une différenciation nette entre espa Par ailleurs, depuis l'importante compilation de
ce des morts et espace des vivants ainsi qu'en témoigne, R. Riquet (1970), plusieurs travaux, plus ponctuels, ont
d'après L. Burnez-Lanotte (1987), l'espace transitionnel été publiés. Certains restent classiques et descriptifs
constitué par l'antichambre. Au-delà des ossuaires, des comme ceux de Auboire (1982a et b, 1985, 1988), Billy
ossements en désordre qu'y voyaient les auteurs anciens, (1983), Baron et al (1967), Demetz, Bouget, (1967),
ces sépultures présentent une grande diversité de gestes Girard (1973, 1975, 1977), Girard étal (1980), Kurzawski
et pratiques funéraires. Les vestiges humains y sont spa et al. (1982, 1985), Mentré et Baudouin (1978), Patte
tialement organisés. Des connexions anatomiques, reflets (1971, 1975a et b, 1976a et b, 1979, 1981), Riquet (1972)
d'inhumations primaires, y voisinent avec des ossements et Rodriguez Hernendorena (1983). S'y ajoutent des tr
disloqués correspondant à des dépôts secondaires, ran avaux de paléopathologie et odontologie parmi lesquels
gements ou prélèvements d'ossements, des réductions de on peut citer Baron (1968), Blondiaux et Marquet
corps ou autres déplacements. Les observations faites (1985), Clère et al (1985), Comode (1975), Dabon
pour la sépulture collective des Varennes à Val-de-Reuil (1981), Dastugue (1985), Guillon (1977), Jagu (1976),
dans l'Eure (Billard et al, 1995) en sont un exemple. Patte (1976b, 1981), Ménard (1981), Leroi-Gourhan et
Pionniers en la matière A. Leroi-Gourhan et son équipe Monmignaut (1962), Monmignaut (1962, 1975). D'autres
prennent de nouvelles orientations reliant archéologie et ont mis ceci en évidence dès les années soixante, lors de
l'étude de l'hypogée II des Mournouards à Mesnil-sur- anthropologie, architecture des monuments, vie sociale
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 humaine au Néolithique 241 Variabilité
à Presles se singularise par la rareté des sujets immat
ures. En définitive, C. Masset (1976) conclut que « le
choix du lieu de sépulture [des populations S.O.M.] ne
dépendait pas seulement de l'appartenance familiale ou
locale ». Au-delà de ces analyses paléodémographiques,
il reste néanmoins possible de comparer entre elles les
populations provenant des différentes sépultures.
L'étude des structures de parenté à travers l'analyse des
caractères discrets, si leur déterminisme familial se
confirme, constitue une autre voie de recherche en
cours d'exploitation. Ainsi, a-t-il été mis en évidence des
ressemblances statistiquement significatives à l'intérieur
des cellules d'inhumations mises au jour à La Chaussée-
Tirancourt (Sellier, 1983, 1987) qui refléteraient des
alliances consanguines (Guy, Masset, 1995). Ces obser
vations laissent supposer une structuration de la société.
Hiérarchie sociale qui est également abordée par le
Fig. 1 - Localisation de sépultures S.O.M., modifié d'après biais de l'analyse comparée de l'état sanitaire des popul
Bailloud (1974) : 1, La Plaque à Aulnay-aux-Planches (Marne) ; 2, ations provenant des monuments en pierre et de celles
Dolmen des Bretons à (Marne) ; 3, La Cave retrouvées dans les sépultures en bois (Guy et al, 1995 ; aux Fées à Brueil-en-Vexin (Yvelines) ; 4, La Croix des Cosaques à Deschamps et al, 1996). Châlons-sur-Marne (Marne) ; 5, hypogées des Cornembeaux à
Cet article propose un bilan sur la morphologie des Congy (Marne) ; 6, La Justice à Épône (Yvelines) ; 7, Essômes-sur-
Marne (Aisne) ; 8, hypogée de Larris Go guet ou Feigneux II à séries S.O.M. en se fondant sur l'analyse métrique et mor-
Feigneux (Oise) ; 9, Les Maillets à Germigny-l'Évêque (Seine-et- phoscopique de l'ensemble du squelette des sujets prove
Marne) ; 10, Bois Couturier ou Guiry-en-Vexin I à Guiry-en-Vexin nant des vingt-quatre sépultures inventoriées dans le (Val-d'Oise) ; 11, Ferme Duport ou II à Guiry-en-
tableau I et localisées dans la figure 1. Il détaille en parVexin (Val-d'Oise) ; 12, Ménouville à Labbeville (Val-d'Oise) ; 13, La
ticulier la morphologie du squelette post-crânien qui est Sence du Bois à La Chaussée-Tïrancourt (Somme) ; 14, Les Mureaux
(Yvelines) ; 15, Montigny-Esbly à Lesches (Seine-et-Marne) ; 16, hypogée rarement prise en compte.
des Gouttes d'Or à Loisy-en-Brie (Marne); 17, Coppières-sur-Epte à
Montreuil-sur-Epte (Val-d'Oise) ; 18, hypogée du Mont Mègre à Orrouy
(Oise) ; 19, Allée Duparc à Pinterville (Eure) ; 20, Le Blanc Val ou
Presles III à Presles (Val-d'Oise) ; 21, dolmen de La Villaine à LE CRANE Sublaines (Indre-et-Loire) ; 22, Les Vaux Louvets à Vaudancourt
(Oise) ; 23, Cimetière des Anglais à Vauréal (Val-d'Oise) ; 24, Allée
de Vers-sur-Selle à Vers-sur-Selle (Somme).
MORPHOMETRIE
Les caractères métriques du crâne des populations et biologie. Les analyses paléodémographiques révèlent Seine-Oise-Marne sont bien connus. À la suite de sa
une sélection des inhumés en fonction de l'âge et du synthèse de 1970 sur les populations néolithiques
sexe, limitant de fait toute analyse plus poussée. Les européennes, R. Riquet (1976) définit leur crâne
observations effectuées au Blanc Val à Presles dans le Val- par « une tendance à la brachycrânie, à l'accroissement
d'Oise et à La Plaque à Aulnay-aux-Planches dans la de la largeur bizygomatique, à l'abaissement des hauteurs
Marne (Valentin, 1991) confirment ce qui a déjà été du neurocrâne, de la face et des orbites ». D'un autre
signalé pour plusieurs hypogées et allées couvertes de la côté, elles sont également caractérisées par la faiblesse
culture S.O.M. (Masset, 1976 ; Sellier, 1987 ; Le Mort, des dimensions absolues mise en évidence par R. Menk
1997). Ces sépultures se caractérisent par une non-repré (1981). Ainsi, la tendance à la brachycrânie se retrouve
sentation des enfants de moins d'un an et un nombre de dans certaines populations de la Marne comme celles
femmes âgées apparemment élevé. De plus, Le Blanc Val provenant de La Plaque (Riquet, 1943) et du Dolmen des
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 \
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242 Frédérique Valentin
Tabl. I - Liste des sites S.O.M. mentionnés, localisation géographique et références bibliographiques : (1), première fouille ; (2), deuxième fouille.
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1 . Aulnay-aux-Planches Marne Riquet, 1943 ; Valentin, 1991 La Plaque
2. Fusté, 1952 Dolmen des Bretons
3. Brueil-en Vexin (1) La Cave aux Fées Yvelines Manouvrier, 1894
Brueil-en-Vexin (2) Yve lines Auboire, 1988 La Cave aux Fées
4. Châlons-sur-Mame Marne 1896 La Croix des Cosaques
Hypogées des Cornembeaux Rakovsky, Roudenko, 1914 5. Congy
6. Epône Yvelines Perrier du Carne, Manouvrier, 1 895 La Justice
7. Essômes-sur-Marne Essômes Aisne Le Mort, 1997
8. Feigneux Hypogée de Larris Goguet ou Oise Patte, 1 971 , 1 975a et b, 1 976a et b
Feigneux II
9. Germigny-l'Évêque Les Maillets Seine-et-Marne Patte, 1 979
10. Guiry-en-Vexin Bois Couturier ou Val-d'Oise Lagotala, 1921, 1922
Guiry-en-Vexin 1
1 1 . Ferme Duport ou Val-d'Oise Billy, 1983, s.d. II
12. Labbeville Allée couverte de Ménouville Val-d'Oise Manouvrier, 1907
13. La Chaussée-Tirancourt La Sence du Bois Somme Masset, 1979 ; Sellier, 1983 ; Rodriguez Hernendorena, 1983
14. Les Mureaux Les Mureaux Yvelines 1894
15. Lesches Seine-et-Marne Manouvrier, Anthony, 1 907 Montigny-Esbly
1 6. Loisy-en-Brie Hypogée des Gouttes d'Or Marne Buchet, 1 984
17. Montreuil-sur-Epte Coppières-sur-Epte Val-d'Oise Regnault, 1898
1 8. Orrouy Hypogée du Mont Mègre Oise Trouette, 1955 ; Vallois, de Félice, 1945
19. Pinterville Eure Allée Duparc Marquer, 1954
Genet- Varcin, 1966 ; Valentin, 1991 20. Presles Le Blanc Val ou Presles III Val-d'Oise
21. Sublaines Indre-et-Loire Riquet, 1972 Dolmen de La Villaine
22. Vaudancourt Oise Baudouin, 1915 Les Vaux Louvets
23. Vauréal Patte, 1 981 Cimetière des Anglais Val-d'Oise
24. Vers-sur-Selle Somme Kurzawski, Marquet, 1 985 Allée de Vers-sur-Selle
Tabl. II — Caractères métriques des crânes de plusieurs séries S.O.M. (nomenclature de Martin et SaUer, 1959) : (1), première fouille ; (2), deuxième fouille ;
i. cr. horiz., indice crânien horizontal; i. haut/long., indice hauteur/longueur ; i. haut/larg., indice hauteur/largeur ; larg. bizyg., largeur bizygomatique ; i.
fac. trans., indice craniofacial transverse ; N, effectif; m, moyenne ; sd, écart-type ; *, hauteur porion-bregma ; **, hauteur auriculo-bregmatique ;
; largeur maxillo-Jrontale (51) ; haut, fac, hauteur faàaU supérieure ; i. fac. sup., indice facial supérieur.
larg. bizyg. M45 i. fac. trans. longueur Ml largeur M8 i.cr.horir.H hauteur uatji ong. i. À •'. srnsï ; N m sd N sd N m sd m sd N m sd H m sd N m sd sd N m N
113,6* 81,2* 63,8* 8 Aulnay-aux Planches 23 177,8 6,9 20 140,7 5,1 20 78,9 3,6 18 3,1 18 2,7 18 2 8 128 6,8 91,3 4,9 110,9* 60,3* 77,2* - - - 57 184,2 7,8 57 8,5 11,7 14 8,9 Brueil-en-Vexin (2) 59 144,1 7,5 78,3 4,9 21 12,9 20 21 125,5 - - - (1) 30 183,6 7,6 142,4 7,5 30 5 138,5 7,1 92 4,7 72,6 1,2 3 127 30 78 9 9 9
Châlons-sur-Marne 28 181,2 6,4 27 138,9 5,3 27 3,4 17 134,6 6,6 17 96,9 6,1 74,6 2,9 18 125,7 5,3 18 90,9 3,4 76,8 17 115,6* 38 181,9 8,9 38 138,6 5,3 38 76,3 4 35 4,6 27 96,3 4,8 28 77 4,6 19 126,5 4,9 19 91,1 3,9 Congy 113,8* 64,2* 80,8* - - 3 Dolmen des Bretons 6 176,8 4,5 6 141 4,3 6 79,6 2,4 6 6,1 6 4,6 6 2,3 3 128,7 91,8 127,6** 70,1** 89,5** - - - - - - 9 182,4 6,5 5,9 7 2,6 4,4 Essômes-sur-Marne 11 143,3 78,8 3,6 10 5 6 7 112,1* 77,4* 62,3* - - Guiry-en-Vexin II 16 181,4 8,6 16 144,8 6,5 16 4,9 11 4,7 3 4 126 4 86,4 79,9 4,7 11 11 83* 63,1* - - - - - - - - - - - . - - - La Chaussée-Tirancourt 13/33 75,8 0,6 0,7 0,5 92,9 0,9 113,7* 82,6* 63,1* - - - - - - Presles III 12 180,7 6,3 11 137,8 3,3 11 76,1 2,1 13 3,4 12 3,2 11 2,6 112,9* 77,9* 62,1* 3,4 5 2,3 Vauréal 22 175,7 8,4 20 142,5 7,6 20 81,1 5,7 12 3,8 8 8 2,7 5 126 7,7 88,5
i. fee. sup. 139 largeur ©rbitaire indice orbitaire larg. nasale M54 hauteur orbitaire haut, nasale ^5 indice nasal 148 .". MB sd N - «d. -id'. — m - N m sd N m sd sd TT m sd m m sd m
Aulnay-aux Planches 12 64,8 4,3 7 51,3 2,9 10 40,9» 2,2 10 31,5 2,9 10 76,5 4,5 12 49,7 3,1 12 24,2 1,86 12 48,8 3,3
40,7» 31,8 77,2 5,1 3,9 14 4,8 Brueil-en-Vexin (2) 15 66,2 5 11 57 7 18 2,9 18 1,7 17 15 47,5 16 23,8 2,12 50,1 (1) 5 4,4 6 30,6 1,3 6 78,7 5,6 46,4 2,9 5 24,7 1,8 5 53,3 3,5 65,7 3 53,3 39 2,1 6 5
Châlons-sur-Marne 18 4,1 3,6 18 1,6 18 31,1 1,3 18 83,6 4,2 18 47,6 3,3 15 23,2 1,5 15 48,4 4,1 66,6 16 53,2 37,2 1,4 12 18 66,2 5,2 18 52,4 3,7 14 47,5 12 24,3 0,9 50,6 3,3 Congy 50,4 3 24,3 3 Dolmen des Bretons 3 68,7 4 50,1
Essômes-su r-Marne
- - 4 Guiry-en-Vexin II 4 4 48,2 50,2 51,5 - - - - - - - - - 0,9 1,1 La Chaussée-Tirancourt 53,2 78,7 48,8 - - Presles III 2 48,2 2 25,3 2 49,5
Vauréal
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 Variabilité humaine au Néolithique 243
Bretons à Aulnay-aux-Planches (Fusté, 1952). Cette CARACTERES DISCRETS
tendance est également constatée en région parisienne
Les fréquences de 24 caractères discrets crâniens sur à Orrouy (Trouette, 1955) et Feigneux II dans l'Oise
30 que comporte la liste de A. C. Berry et R. J. Berry (16 crânes sur 30) (Patte, 1971), à Brueil-en-Vexin
(1967) sont reportées dans le tableau III pour les popul(deuxième fouille) dans les Yvelines (Auboire, 1988),
ations de La Plaque à Aulnay-aux-Planches (Valentin, Guiry-en-Vexin II dans le Val-d'Oise (Billy, 1983) et
1991), de la deuxième fouille de Brueil-en-Vexin Essômes-sur-Marne dans l'Aisne (Le Mort, 1997). Elle
(Auboire, 1988), de La Chaussée-Tirancourt (Sellier, résulte d'un élargissement bipariétal et, d'une façon
1983), d'Essômes-sur-Marne (Le Mort, 1997) et de Presles générale, d'un accroissement des dimensions transver
(Valentin, 1991). Lorsque les effectifs le permettent, les sales (biporique et biastérique) observé à La Plaque par différences sont testées à l'aide du test du X2. exemple (Valentin, 1991). Un fort diamètre bizygoma-
Les os surnuméraires (os coronal, os bregmatique, os tique est relevé dans les séries plutôt brachycrânes, de épiptérique, à l'incisure pariétale) sont rares, à l'excepmême que l'on note au niveau de la mandibule, de fortes tion des os lambdoïdes et astérique qui présentent des
largeurs bicondylienne et bigoniaque. Ceci est lié à cet fréquences variables d'une population à l'autre. En plus
élargissement généralisé de la boîte crânienne caractéri des cas rencontrés dans les séries réunies dans le tableau
sant certaines populations. III, un cas d'os coronal est signalé à Vers-sur-Selle
Cependant cette disposition ne peut être étendue à (Kurzawski, Marquet, 1985) et un autre d'os bregmatique
toutes les populations S.O.M. connues. Par exemple à La aux Mureaux (Manouvrier, 1894). La présence d'os asté
Chaussée-Tirancourt « seules attirent l'attention la fa rique est un caractère rare à La Chaussée-Tirancourt qui
iblesse relative de l'indice crânien horizontal : 75,8 au lieu diffère significativement en cela de Presles, Aulnay-aux-
de 78 à 80 (valeur Riquet, 1970) et inversement la forte Planches et Brueil-en-Vexin. Par ailleurs, des os lamb
valeur des indices de hauteur/ largeur (basion) : 99,2 au doïdes apparaissent sur environ la moitié des sujets
d'Aulnay-aux-Planches, Brueil-en-Vexin, La Chaussée- lieu de 90 à 96 » (Masset, 1979). Cette tendance à la
Tirancourt, Presles et Congy (17 sur 39 soit 43,6 % cf. méso-dolichocrânie caractérise aussi bien certaines popul
Rakovsky, Roudenko, 1914). Alors qu'à Châlons-sur-Marne ations de la Marne que de la région parisienne. Il s'agit
(3 sur 28 soit 10,7 %) et Orrouy (1 sur 14 soit 7,1 %), ils par exemple de celles de Châlons-sur-Marne
sont significativement plus rares. Un contact sphéno-parié- (Manouvrier, 1896), Presles (Valentin, 1991), Les
tal est également rare dans les séries d'Aulnay-aux- Mureaux (12 crânes sur 13) (Manouvrier, 1894),
Planches, La Chaussée-Tirancourt, Presles, Congy et Ménouville (10 sur 14) (Manouvrier, 1907), Pinterville
Orrouy (1 sur 14). Le métopisme est peu observé à La (12 sur 14) (Marquer, 1954) et Brueil-en-Vexin (premièr
Chaussée-Tirancourt, Presles et Essômes-sur-Marne e fouille) (Manouvrier, 1894).
comme à Orrouy (3 sur 14 soit 21,4 %) ; il est plus rare Par ailleurs, le tableau II montre que la voûte crâ
également à Congy (3 sur 39 soit 10,2 %) et Pinterville (1 nienne est souvent élevée contrairement à l'observation
sur 14 soit 7,1 %) ; en revanche, il est significativement de R. Riquet (1970). Les quelques faces disponibles ind plus fréquent à Aulnay-aux-Planches et Brueil-en-Vexin iquent une faible hauteur faciale supérieure. La branche qu'à Châlons-sur-Marne (1 sur 28 soit 2,7 %) et
verticale des mandibules est également basse en particul Germigny-l'Évêque (2 sur 33 soit 6,1 %). L'absence du
ier à La Plaque, Orrouy, Feigneux II et Châlons-sur- foramen zygomatico-facial et du foramen mastoïdien est
Marne. Cet abaissement de la face semble plus important peu rencontrée. En revanche, un foramen
dans les séries brachycrânes, mais les effectifs sont trop extra-sutural est significativement plus fréquent à Aulnay-
réduits pour conclure. Les orbites semblent basses mais, aux-Planches et La Chaussée-Tirancourt qu'à Presles et
là encore, les effectifs sont faibles et les différents auteurs Brueil-en-Vexin. Le foramen infra-orbitaire accessoire est
ne précisent pas les points de mesures, compliquant de rare alors que le palatin accessoire montre des
surcroît les comparaisons. Les dimensions nasales pré fréquences variables. Des cas sont souvent rencontrés à
sentent, quant à elles, une forte variabilité tant au sein de Aulnay-aux-Planches et Essômes-sur-Marne tandis qu'ils
sont peu nombreux à La Chaussée-Tirancourt. chaque série qu'entre les séries.
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 244 Frédérique Valentin
Tabl. Ill - Caractères discrets crâniens de plusieurs séries S.O.M. (nomenclature de Berry et Berry, 1967) : f., foramen.
Brueil-en-Vexin Aulnay-aïu-Planches Caractères discrets crâniens La Chaussée-Tirancourt Essômes-sur-Marne Presles III La Plaque V fouille
2. os lambdatique 4/19 21% 1/32 3,1% 40/1 64 24,4% 46,2% 4/15 26,6%
3. os lambdoïde 11/19 57,9% 22/34 64,7% 150/286 52,4% 85,7% 7/16 43,7%
4. f. pariétaux présents 17/22 77,3% 9/34 26,5% 1 34/1 60 83,7% 73,5% 14/17 82,4%
5. os bregmatique 0/20 0% 1/32 3,1% 3/168 1,8% 6,7% 0/16 0%
6. suture métopique 9/22 40,9% 21/79 26,6% 27/1 87 14,4% 10% 3/21 14,3%
7. os coronal 1/22 4,5% 2/34 5,9% 5/281 1,8% 1 6,7% 0/21 0% - 1 3,8% 8. os ptérique 2/19 10,5% 0/23 0% 0/10 0% 15/109 - - - 9. contact sphéno-pariétal 1/21 4,8% 7,3% 0/11 0% 11/150
1 0. os incisure pariétale 2/19 10,5% 2/20 10% 43/247 1 7,4% 13,3% 4/14 28,6%
11. os astérique 6/20 30% 4/24 16,7% 9/244 3,7% 11,8% 2/13 1 5,4%
14. f. mastofdien extra-sutural 14/22 63,7% 6/19 31,6% 101/164 61,6% 12,5% 4/13 30,7% - . 15. f. mastoïdien absent 7/22 31,8% 42,1% 0% 5/14 35,7% 1 06/252 - 16. canal condylaire 6/17 35,3% 3/6 50% 65,5% 80% 0/4 91/139 - - - 1 7. facette condylaire bipartite 0/17 0% 3,8% 0% 0/7 6/160 - - - 1 8. tubercule précondylaire 3/17 17,6% 6,8% 0% 1/7 13/190 - 1 9. canal hypoglosse bipartite 2/17 11,8% 1/7 14,3% 18,3% 1 6,7% 1/5 36/1 97 - - - 20. f. oval incomplet 5/18 27,8% 4,5% 0% 1/8 8/179 - - - 21. f. épineux ouvert 10/18 55,6% 27,6% 80% 2/8 55/199 - - 22. f. palatin accessoire 9/12 75% 0/2 35,2% 50% 0/2 49/139 - - - 23. torus palatin 0/11 0% 22,5% 11,7% 0/2 18/80 - 25. f. zygomatico-facial 5/13 38,5% 5/15 20% 17% 0% 2/3 31/172
26. f. supra-orbitaire 3/22 13,6% 3/23 13% 18,1% 4,2% 6/18 33,3% 50/276
27. incisure ou f. frontal 14/22 63,6% 0/24 0% 22,9% 66,7% 12/17 70,6% 69/302 - 30. f. infra-orbitaire accessoire 3/12 25% 1/10 10% 6,4% 0% 0/3 5/78
(1893) , sont en conséquence faibles à Aulnay-aux-Planches LE SQUELETTE POST-CRÂNIEN
(H : 163, F : 146,9), Brueil-en-Vexin (H : 160, F : 147,5),
Guiry-en-Vexin I (H : 160,1, F : 151,3), sauf à Châlons-sur-
MORPHOMETRIE Marne (H : 166, F : 154) et aux Mureaux (H : 166, F :
153). Les sujets de l'est du Bassin parisien apparaissent en
Les os longs moyenne plus grands que ceux de l'ouest. La comparai
son des statures estimées, fournies par R. Riquet (1970),
Longueur et stature pour 174 sujets de l'ancienne Seine-et-Oise avec celles de
537 sujets provenant de l'est du Bassin parisien montre
Comparés à la série médiévale parisienne de Saint- une différence significative en faveur du second groupe
Marcel (Valentin, 1991), les os longs des membres infé (Guy étal, 1995).
La même tendance à un format réduit s'observe pour rieurs et supérieurs sont courts (tabl. IV). Le test t de
les clavicules, les métacarpiens et les métatarsiens Student montre que les différences de longueurs sont
(Valentin, 1991). Les clavicules présentent aussi une significatives pour les humérus de La Plaque à Aulnay-
variation géographique puisqu'elles sont courtes en aux-Planches (t = 2,74), Loisy-en-Brie (t= 3,28) (Buchet,
région parisienne et longues dans les séries de la Marne. 1984), La Chaussée-Tirancourt (t = 2,38) (Rodriguez
Hernendorena, 1983), Châlons-sur-Marne (t = 3,78)
(Manouvrier, 1896) et Guiry-en-Vexin I (t = 2,80)
(Lagotala, 1921). Elles le sont également pour les fémurs Périmètres et morphométrie diaphysaire
d'Aulnay-aux-Planches (t = 2,13), Loisy-en-Brie (t = 3,65),
Brueil-en-Vexin (première fouille) (t = 3,52) et Guiry-en- Les périmètres relevés à différents niveaux des
Vexin (t = 3,89) et les tibias de Loisy-en-Brie (t =2,17) et diaphyses sont généralement faibles. Les différences (deuxième fouille) (t = 2,55) . Les statures, sont presque toujours significatives pour Loisy-
déduites en centimètres par la méthode de Manouvrier en-Brie qui se caractérise par une nette gracilité du
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 Variabilité humaine au Néolithique 245
Tabl. IV - Caractères métriques des os longs de plusieurs séries S.O.M. (nomenclature de Martin et Sailer, 1959) :
(1), première fouille ; (2), deuxième fouille ; L, indice ; N, effectif; m, moyenne ; sd, écart-type ; *, médiane.
RADIUS ULNA HUMÉRUS
SITES i. robustesse 1 7/1 i. bradiique 1 6/5 longueur Ml i. robustesse 1 3/1 longueur Ml i. robustesse 1 3/1 longueur Ml
m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N
36 18 228,7 8,1 18 18,9 1,1 5 250,4 3,7 14,4 0,3 Aulnay-aux-Planches 37 298,1 13,5 21,2 1 36 80,5 7,2 5
27 1,2 Brueil-en-Vexin (1) 27 301,7 17,6 20,7
21 1,4 17 231,8 15,8 17 17,3 1,5 13 247,4 11,3 13,9 1,1 (2) 21 302,3 18,9 20,5 31 81,8 5,1 13 - - - - - - - - Châlons-sur-Marne 32 32 1,1 12 237,5 13,6 10 264,2 6 293,1 17,7 20,1 - La Chaussée-Tirancourt 301,2 119 20,3 1,3 240 120 118,1 80,3 6,7 - - - - - - - Dolmen des Bretons 300,1 16 21 16 83,5 9 236 8 15,8 5 259,5 16 298* 20,25* 221,5* - - - 241* - - - - - - Feigneux II 37 37 37 78,1 40 44 16,95* - - - - - - - - - - - - - - - - Germigny-l'Évêque 8 250,5 7 - - - - - - - - - - Guiry-en-Vexin 1 43 298,8 43 20,8 1,1 34 226,8 27 243,2 15,1 - - 1,4 II 12 302,1 12,4 13 20,7 3,1 7 22,7 15,1 7 17,2 8 255,5 15,1 8 14,8 1,7 - - - - - - - - Les Mureaux 15 313,9 30,5 15 19,2 2,6 9 236,1 19 7 252,6 19,4
101 1,2 Loisy-en-Brie 91 296,7 23,7 91 19,1 1,3 139 77,5 101 231,9 20,8 16,5 104 252,9 18,4 104 12,9 1 6,3 KA/\ -il c 5 20,5 2,6 . . - . - . _ 5 315,6 17,2 5 20,7 0,9 5 266,8 17,3 5 233,8 21,2 Montigny-Esbly - - - 9 9 295,5 20 30 77,5 Orrouy 10 10 296 5 19 2 15 77 4 5 13 4
12 Presles 12 307,2 12,3 20,7 1,3 79,2 6,7
302 6 5 36 81 8 7 20 4
5 0,8 12 18,3 1,3 Vaudancourt 5 287,6 14,9 21,2 7 93 12 222,5 17,1 7 246,7 17,9 7 14,7 1,1 8,6 62 1,4 65 19,2 1,5 1,2 Référence 63 308,9 21,7 20,9 73 84,1 5,7 66 233,8 19,4 45 255,8 18,5 42 14,3
FÉMUR TIBIA
SITES longueur M2 i. robustesse 1 8/2 i. pilastrique 1 6/7 platymérie 1 10/9 longueur M16 i. robustesse M 06/1 g i. cnémtque!9a/8a
m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N m sd N
8,4 32 14,9 Aulnay-aux-Planches 41 421,5 23,7 41 19,5 0,9 42 104,7 56 84 8 351,3 32 20,8 1,1 34 67,8 6,7
Brueil-en-Vexin (1) 17 401,5 23,3
7,1 7,2 18 339,6 18,3 4,8 (2) 15 403,2 29 59 108,5 71 76,6 20 21,6 1,9 54 66,8
0,8 7,1 41 353 22,1 Châlons-sur-Marne 33 430,7 24,4 33 19,5 33 108,1 33 75,1 6,9 41 21 1,3 41 62,3 5,1
La Chaussée-Tirancourt 100 346,5 20,4 6 254 65,3
19,4 104,6 25 352,2 21,9 Dolmen des Bretons 19 411,6 14 19 31 76,9 16 26 65,8 412* 19* 338* 21,75* 65* 48 66 Feigneux II 48 48 113,3 66 66 109,7* 28 73,4 Germigny-l'Évêque 52 26 66,2
34 412,7 35 8,3 75,6 8,4 33 350 Guiry-en-Vexin 1 20 109,9 36 II 19,8 0,8 16 9 16 9,8 26 347,2 26,1 1,3 62,4 5,8 16 419 25,4 11 108,9 75,3 20 20,9 25
0,8 78,1 7,7 17 345,6 16,4 21,2 1,5 7 Les Mureaux 18 437,5 21,8 18 19,6 18 18 18 64
415 1 129 107,2 10,1 137 75,4 7,6 81 343,7 22,8 20,8 1,3 144 5 Loisy-en-Brie 88 28,5 88 19 81 64,9
4 412 6 102,7 9,4 6 68,6 5,1 5 332,8 17,1 20,7 2 4,1 Ménouville 5 6 67,6
426,6 24 111,3 8,2 24 77,6 8,6 16 356,5 28,8 4,3 16 23,1 16 65,9 Montigny-Esbly 18,9 23 111,4 23 76,6 29 355,4 20,4 21 29 41 66,1 Orrouy Pinterville 14 411 14 18,9 16 104,7 ? 71,5 13 328,5 20,7 63,2 13 15
Presles 8 416,2 19,9 0,8 41 108,4 10,6 50 76,7 110,2 14 346,2 13,4 14 21,4 1,6 5,1 15,5 8 33 67
Sublaines 7 426,1 7 20,3 75 105,7 51 74,1 7 330,2 64 31 24 Vaudancourt 7 349 7 21,6 0,9 62,2 3,7 7
Référence 76 432,8 33,2 74 20 1,2 86 99,8 8,2 97 82,5 7,3 71 353,5 31,3 70 21 1,5 6,7 96 72,7
Par ailleurs, les diamètres pris à différents niveaux de squelette. Concernant les autres séries, on constate
que les périmètres pris au V deltoïdien et au milieu de la la diaphyse sont, dans l'ensemble, faibles. Les diamètres
diaphyse fémorale sont significativement plus faibles à transverses sous-sigmoïdiens, au milieu du fémur et au
Presles (t = 3,44), Aulnay-aux-Planches (t = 2,41) et La trou nourricier du tibia, sont significativement plus étroits
Chaussée-Tirancourt (t = 9,84). Les indices de robustesse dans toutes les séries. Un net aplatissement transversal des
sont généralement comparables à ceux de la série de diaphyses, notamment du membre inférieur caractérisé
par un faible pilastre fémoral et des tibias platycné- référence. Ils montrent une grande variabilité intra et inter-
miques, est typique des séries S.O.M. du Bassin parisien. populationnelle.
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 246 Frédérique Valentin
Dimensions des extrémités bras au thorax, en particulier à Presles et à Sublaines. En
effet, la scapula de ces deux populations présente fr
équemment un bord axillaire à deux sillons (faciès axilla- Les palettes numérales sont généralement étroites ; la
différence est significative à Aulnay-aux-Planches (t ris bisulcata) traduisant selon H.-V. Vallois (1928-1946)
= 2,86) . Les extrémités distales des fémurs d'Aulnay-aux- « une musculature vigoureuse ». À La Plaque, ce bord
Planches et de Loisy-en-Brie sont significativement plus se rapporte en majorité au type sulcus axillaris teretis ; par
étroites (t = 2,94 et t = 4,61 respectivement). ticularité indiquant peut-être des activités physiques
Les têtes humérales et fémorales de Presles et Aulnay- propres à ce groupe. Cette puissance musculaire se manif
aux-Planches sont peu volumineuses, comme celles de La este également sur la clavicule où les insertions pour le
Chaussée-Tirancourt (Rodriguez Hernendorena, 1983). grand pectoral (musculus pectoralis major) sont bien mar
Cependant, cette caractéristique ne se vérifie pas dans quées et pour laquelle apparaît une forte fréquence de
toutes les séries S.O.M. puisqu'aux Mureaux, par fossette rhomboïde (7 sur 17 à Presles, 2 sur 18 à La
exemple, on constate que le diamètre vertical de la tête Plaque et 8 sur 26 à Sublaines) .
fémorale est significativement plus fort (t = 3,37). Les insertions humérales des muscles grand pectoral,
grand rond, grand dorsal et deltoïde sont indiquées,
soit par des crêtes rugueuses, soit par des fossettes. Les
Les ceintures scapulaire et pelvienne, et les patellas fossae pectoralis semblent plus fréquentes à La Plaque (18
sur 41) qu'à Presles (6 sur 33), alors que l'inverse est
constaté pour les fossae teres (La Plaque : 1 sur 41 ; La scapula, pour laquelle seules les dimensions de la
Presles : 7 sur 33). La fossette pectorale est constante cavité glénoïde peuvent être analysées, montre une faible
hauteur glénoïdienne à Aulnay-aux-Planches (La chez les sujets non adultes de La Plaque (N = 12). Fossae
Plaque), Brueil-en-Vexin et Loisy-en-Brie. La cavité art teres, pectoralis et crête du grand dorsal sont également
iculaire est donc plus arrondie dans ces populations que signalées à Germigny-l'Évêque. Par ailleurs, les reliefs
dans celles de Presles, Guiry-en-Vexin et Sublaines d'insertion du deltoïde sont variables : atténués à
(Riquet, 1972). Pinterville et à La Plaque, modérés à Presles et au
Le sacrum, observable à Presles, Aulnay-aux-Planches Dolmen des Bretons et fortement saillants à Orrouy,
(La Plaque), Feigneux II, Brueil-en-Vexin, Pinterville, Épône (Perrier du Carne, Manouvrier, 1895), Brueil-en-
Sublaines, Vers-sur-Selle et Loisy-en-Brie, est court et Vexin et Châlons-sur-Marne. D'autre part, la nette saillie
étroit. du bord disto-latéral de l'humérus (insertion de la cloi
L'os coxal d'Aulnay-aux-Planches (La Plaque), Brueil- son intermusculaire de l'avant-bras et du brachio-radial) ,
en-Vexin et Presles est bas. L'aile iliaque est moins large visible à Presles, à La Plaque et au Dolmen des Bretons,
et l'ischium moins long que dans la série de référence. témoigne de l'activité importante de l'avant-bras. Une
Les patellas de Presles, Vaudancourt (Baudouin, fossa pronator indique l'insertion du muscle rond prona-
1915), Loisy-en-Brie et les talus et calcanéus de Presles, teur à Presles (7 sur 8) alors qu'elle n'a pas été observée
Feigneux II, Vers-sur-Selle et Germigny-l'Évêque sont de à Aulnay-aux-Planches (0 sur 23).
moindres dimensions.
Ceinture pelvienne et membre inférieur
La crête fessière donnant insertion au grand fessier {m. MORPHOSCOPIE
glutens maximus) sur le fémur est nettement marquée à
Insertions musculaires et ligamentaires Presles (94,5 %) et à Orrouy (91,3 %) (Vallois, de Félice,
1945). Elle est moins fréquente à La Plaque (66,6 %) et au
Dolmen des Bretons (65,2 %), laissant en cela soupçonner Ceinture scapulaire et membre supérieur
une variation géographique. Elle est plus rare à Guiry-en-
La ceinture scapulaire et l'humérus des séries S.O.M. Vexin I (30 %) et à Sublaines (10,7 %).
offrent un net développement des traces d'insertion des Les insertions des muscles de la cuisse sont dans l'e
nsemble peu marquées. Les insertions fémorales et patel- muscles assurant le maintien de l'épaule et la fixation du
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Editions, Paris, 1998 Variabilité humaine au Néolithique 247
laires du quadriceps (m. quadriceps femoris) sont peu Preuves d'un contact coxo-fémoral et de mouve
visibles à Presles. La fosse hypotrochantérienne, lieu d'at ments de flexion-extension de la hanche, des empreintes
tache du m. vastus lateralis, semble plus fréquente à iliaques sont présentes sur environ la moitié des
Presles (61,8 %) qu'à Orrouy (39,1 %), à Germigny-1'É- fémurs de Presles (11 sur 28) et La Plaque (21 sur 49),
alors que ce relief n'apparaît que dans 30 % des cas vêque (41,1 %), à Guiry-en-Vexin I (25 %), à La Plaque
environ à Coppières-sur-Epte, à Montreuil-sur-Epte (35 %) et au Dolmen des Bretons (30,4 %). Elle est
quasi constante chez les non-adultes de Presles (3 sur 5) (11 sur 39) (Regnault, 1898). Une facette de Poirier,
et de La Plaque (32 sur 32). La ligne âpre et le tubercule débord de la surface articulaire de la tête fémorale,
s'observe avec une fréquence analogue à Presles (4 sur du grand adducteur où se fixent les muscles adducteurs
de la cuisse sont faiblement saillants à Presles et à 22) et Germigny-l'Évêque (17,7 %) alors qu'elle est
Pinterville. Cependant, des enthésopathies, soit de ligne bien plus souvent notée à La Plaque (23 sur 45) et
âpre (un cas à Presles), soit du tubercule (un cas à La à Coppières-sur-Epte (56,4 %). De véritables facettes
articulaires au niveau des condyles médiaux et latéraux Plaque) , ont été observées.
des fémurs n'ont pas été vues mais des surfaces d'appui Au niveau de la jambe, une section diaphysaire en
forme de goutte (type V de Hrdlicka, cf. Martin, Sailer, sont signalées à La Plaque (2 sur 26), Germigny-l'Évêque
1959) et une surface d'insertion plane indiqueraient une et Coppières-sur-Epte (24 sur 24). La présence d'une
extension moindre du muscle tibial antérieur {m. tibialis empreinte condylienne, reflet d'un mouvement
anterior) à Presles, à Feigneux II et à La Plaque. Les can de flexion forcée, est peu fréquente sur les patellas
nelures diaphysaires, donnant insertion aux muscles fibu- de Presles (5 sur 23) qui est le seul site où ce trait a
laires, sont profondément marquées sur les fibulas de été observé. Par ailleurs, le bord antérieur de l'extrémité
Presles. Elles sont atténuées ou inexistantes sur celles de distale du tibia des séries S.O.M. porte fréquemment
Guiry-en-Vexin I, Orrouy et La Plaque qui se caractéri des facettes d'accroupissement, stigmate d'un contact
sent, quant à elles, par de forts diamètres transverses et avec le col du talus et d'une hyperflexion de la jambe
antéro-postérieurs. Les insertions des muscles de la loge sur le pied (Presles 12 sur 14 ; La Plaque 32 sur 36 ;
postérieure sont en revanche marquées. En effet, les Orrouy 33 sur 39 ; La Chaussée-Tirancourt 33,1 % ; Vers-
tubercules sus-condyliens médial et latéral du fémur {m. sur-Selle 10 sur 13 ; Châlons-sur-Marne 50 sur 58 ;
gastronemius) sont nettement visibles à Presles et La Dolmen des Bretons 63,3 %). De même, les talus mont
Plaque. Par ailleurs, sur 40 % des tibias de La Plaque, une rent fréquemment des débords articulaires en relation
fossa solei se substitue à la crête soléaire contre 8,6 % à avec ces dernières facettes. Il s'agit d'extension antérieu
Presles. Cette fossette est constante sur les tibias juvéniles re de la facette tibiale (52 sur 62 à Feigneux II ; 34 sur 34
des deux sites. Lorsqu'elle existe à Presles et à La Plaque, à Presles) et de débords antérieurs de la trochlée sur le
la crête soléaire est faiblement indiquée alors qu'elle est col (65,7 % à Feigneux II ; 25 sur 25 à Vers-sur-Selle ; 34
forte à Vers-sur-Selle et Sublaines. L'insertion du tendon sur 34 à Presles). Les analyses factorielles conduites sur
d'Achille, qui est leur terminaison calcanéenne, est déve les séries de Presles et de La Plaque montrent que ces
loppée ; des enthésopathies à ce niveau ont été enregis facettes sont corrélées avec des indices d'un faible déve
trées à Presles (15 sur 37). loppement musculaire (Valentin, 1991). Des débords
articulaires sont également visibles sur les autres os du
tarse à Presles. Les surfaces articulaires médiales et latéSurface articulaire :
rales des métacarpiens et des phalanges ne montrent pas extensions et facettes supplémentaires
de particularité.
Les variations morphologiques, encoches et sillons des
Autres caractères non métriques surfaces articulaires scapho-lunarienne et olécrânienne, sont
fréquentes à Presles (27 sur 41), Montigny-Esbly à Lesches
La patella montre fréquemment une troncature du (52 sur 68) (Manouvrier, Anthony, 1907) , Germigny-l'Évêque
(15 sur 19) et La Plaque (33 sur 39). Elles semblent, en tout bord supéro-latéral (14 sur 21 à Presles et 12 sur 30 à
cas pour Presles et La Plaque, corrélées avec des indices de Vauréal) (Patte, 1981). Aucun os trigone isolé n'a été
forts développements musculaires (Valentin, 1991). retrouvé mais une fusion partielle a été observée à Presles
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 239-254 © CNRS Éditions, Paris, 1998